L’Afrique unie aurait du poids face aux grandes puissances – Ambassadeur Murigande
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L’Afrique unie aurait du poids face aux grandes puissances – Ambassadeur Murigande

La Nouvelle Releve

août 25, 2025

Les grandes puissances mondiales semblent se livrer à une compétition pour séduire l’Afrique et collaborer avec elle, conscientes qu’elle constitue un maillon essentiel de leur développement.

Avec une population de 1,4 milliard d’habitants dont plus de 60 % sont des jeunes, l’Afrique est le continent le plus riche en ressources naturelles, qu’elles soient souterraines ou de surface. Ces ressources sont indispensables aux pays industrialisés pour alimenter leurs industries.

Pourtant, malgré ce potentiel, les pays africains demeurent frappés par la pauvreté, faute de parler d’une seule voix, ce qui empêche leurs richesses naturelles de générer les bénéfices attendus.

Lors d’une émission diffusée sur RBA le dimanche 24 août 2025, consacrée aux relations entre l’Afrique et le Japon, l’ambassadeur Charles Murigande a souligné que l’unité africaine serait une force décisive.

« Si l’Afrique comprenait que son unité lui donnerait du poids face aux grandes puissances… Imaginez qu’aujourd’hui, l’Afrique décide collectivement de ne plus exporter sa coltan brute, mais d’exiger l’implantation d’usines de transformation sur place: ces industries viendraient forcément, créant des emplois pour les Africains et permettant au continent de vendre une coltan à forte valeur ajoutée, plutôt que brute. »

Il a également dénoncé les pratiques trompeuses :« On nous dit qu’on emporte uniquement la coltan, mais en réalité, de nombreux sous-produits l’accompagnent. Si l’on procédait au traitement en Afrique, nous pourrions commercialiser ces sous-produits également. Ces pays ont besoin de la coltan, ils ne peuvent pas s’en passer. »

Selon l’ambassadeur Murigande, ce qui manque à l’Afrique, c’est la capacité de définir ses priorités et de les défendre fermement :« Elle devrait dire : si vous voulez collaborer avec nous, voici nos objectifs, aidez-nous à y parvenir. L’Afrique regorge d’intellectuels ; le fait que nous manquions de capitaux aujourd’hui ne signifie pas que nous ne savons pas ce qu’il faut faire. »

L’une des thématiques de la 9ᵉ Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD9) est justement de voir comment le Japon peut former environ 30 000 Africains à l’intelligence artificielle, un savoir-faire qui servirait à développer le continent dans divers secteurs.

Concernant cette coopération, l’analyste Straton Habyarimana a salué une initiative prometteuse: « Le Japon est l’un des leaders mondiaux en matière d’IA. Mais il est essentiel que tous ceux qui viennent vers nous trouvent une Afrique unie sur sa position. S’ils nous tendent la main dans ce domaine, cela pourrait beaucoup nous aider à utiliser ce savoir pour résoudre nos problèmes. »

Pour Murigande, cependant, la clé réside dans la capacité des Africains à aller chercher ce dont ils ont besoin là où cela se trouve, pas uniquement au Japon.

« L’Afrique doit identifier ses besoins et aller chercher des partenariats là où ils existent. Le Japon est en avance en IA et en robotique, donc s’il est disposé à collaborer avec nous, tant mieux. Mais cela ne doit pas être considéré comme la solution unique. »

Le Japon, de son côté, fait face à un déclin démographique: sa population se réduit d’environ un million d’habitants chaque année, ce qui entraîne une baisse progressive du PIB en raison du manque de main-d’œuvre. Néanmoins, il a compensé ce déficit par des investissements massifs dans l’IA et la robotique, deux secteurs stratégiques pour l’avenir de l’économie mondiale.

S’agissant de ce que l’Afrique pourrait apprendre du Japon, Murigande a mis en avant l’importance du transfert de connaissances.

« Le Japon a envoyé ses ressortissants étudier dans de grandes puissances comme les États-Unis, mais en rapportant chez eux les innovations et en les adaptant localement. Leur philosophie de l’amélioration continue, associée à la volonté d’apprendre et d’appliquer, explique leur succès», a-t-il note.

Lancée en 1993 par le Japon, la TICAD a vu le jour alors que l’Europe et les États-Unis détournaient leurs financements destinés à l’Afrique pour les orienter vers l’Europe de l’Est. Depuis 2013, cette conférence se tient tous les trois ans, alternativement au Japon et en Afrique.

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