« Fearless Journey », un film de Marguerite Barankitse qui attire de centaines de personnes
Divertissement

« Fearless Journey », un film de Marguerite Barankitse qui attire de centaines de personnes

Emmanuel KANAMUGIRE

October 3, 2025

Des centaines de personnes ont assisté au film retraçant le parcours philanthropique de Marguerite (Maggy) Barankitse d’origine burundaise, qui s’étend sur plus de 30 ans. Le film a été projeté pour la première fois au début de cette semaine, au Luxembourg.

Fearless Journey (Voyage sans peur) est un film de 60 minutes qui a été réalisé par un consortium d’organisations caritatives ainsi que des journalistes de ce pays dans lequel Barankitse est déjà citoyenne d’honneur pour son engagement humanitaire.

Selon BBC, cet événement a réuni des centaines de personnes, parmi lesquelles des délégués de divers pays européens et asiatiques, des responsables gouvernementaux, des personnalités religieuses et divers hommes d’affaires.

Ses biens au Burundi ont été saisis

Le film revient près de 32 ans en arrière, à l’époque où Barankitse, 58 ans, faisait du travail caritatif.

L’une de ses institutions les plus célèbres était la Maison Shalom, située dans la capitale de l’ancienne province de Ruyigi, aujourd’hui province de Buhumuza.

Il l’a fondée en 1993, une des nombreuses années de l’histoire du Burundi marquées par ses violences ethniques et des massacres.

Après l’assassinat du président Melchior Ndadaye, de nombreuses personnes ont été tuées à travers le pays. De nombreux enfants sont ainsi devenus orphelins, notamment à Ruyigi, où Barankitse travaillait au sein du diocèse.

Elle a ensuite fondé la Maison Shalom pour accueillir et prendre soin de ces enfants. Cette instution aurait recueilli et accompagné plus de 30 000 orphelins et enfants vulnérables.

Outre la Maison Shalom, Maggy a fondé de nombreuses autres activités caritatives à Ruyigi, notamment : l’hôpital Rema qui abritait également une école de médecine ; le garage des Anges, un atelier de réparation automobile ; le Cinéma des Anges, salle de cinéma ; l’orphelinat ; l’École technique ainsi que divers projets de développement dont une organisation de microcrédit.

Mais tout cela a été saisi par les autorités, conformément aux dispositions de la loi sur base que Maggy figure sur la liste des personnes recherchées par la justice burundaise pour leur rôle présumé dans le conflit de 2015 autour du troisième mandat de l’ancien président Pierre Nkurunziza et la tentative de renversement du pouvoir.

Pour Maggy, c’est l’amour qui lui a fait pardonner à ceux qui ont pris ses biens par force et c’est celui qui fera sortir les autres des conflits persistants.

Poursuivre le travail et lutter contre le cancer en exil

Le film ne raconte pas seulement le parcours de Barankitse dans le travail caritatif, il raconte également l’histoire de sa bataille contre le cancer, qu’elle prétend désormais avoir vaincu, tout cela grâce à « l’amour ».

Lors du soulèvement de 2015, Maggy Barankitse a fui le pays vers le pays voisin, le Rwanda où elle s’est réfugiée avec plusieurs autres Burundais.

Elle a continué son travail avec des projets tels que Maison Shalom, où elle a mis en place des projets pour aider les réfugiés burundais, notamment ceux du camp de Mahama, se trouvant à l’est du pays.

Son dévouement et son courage lui ont valu de nombreuses récompenses internationales, notamment le prix Nansen du HCR et le prix Aurora.

L’épisode final du film « Fearless Journey » décrit sa lutte pour surmonter le cancer en exil.

Le cardinal Jean-Claude Hollerich, chef de l’Église catholique du Luxembourg, était présent à la projection du film. Il a souligné que le parcours de Marguerite Barankitse était un exemple pour le monde entier.

« Maggy est un exemple pour tous. Elle a été victime de harcèlement, a eu un cancer et l’a surmonté, mais elle n’a jamais cessé d’aider les autres, y compris ceux qui lui ont fait du mal. Elle est le symbole que l’amour peut vaincre le mal », a déclaré l’ancien responsable au Vatican.

De son côté, Denise Richard, directrice de Partage Luxembourg, l’une des organisations qui ont contribué à la réalisation du film, a déclaré que son objectif était de montrer que « à une époque où le monde est constamment marqué par la guerre, des gens comme ces héros ont besoin d’être soutenus pour que leur message de gentillesse puisse atteindre un large public. »

Marguerite Barankitse (à gauche) avec l’ambassadrice du Rwanda au Luxembourg, Aurore Munyangaju Mimosa





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