Filip Reyntjens rappelé à ses responsabilités odieuses dans l’histoire du Rwanda
Au Rwanda

Filip Reyntjens rappelé à ses responsabilités odieuses dans l’histoire du Rwanda

La Nouvelle Releve

November 18, 2025

Dans un message incisif publié sur X, Dr Jean-Damascène Bizimana, ministre rwandais chargé de l’Unité nationale et de l’Engagement Civique a rappelé à Filip Reyntjens, professeur belge qui se présente comme « spécialiste du Rwanda », son rôle historique dans l’architecture idéologique et juridique qui a conduit au génocide perpétré contre les Tutsi en 1994, ainsi que ses multiples tentatives, depuis la défaite du régime génocidaire, de réécrire l’histoire à travers un discours cherchant à déresponsabiliser les auteurs du génocide contre les Tutsi.

Filip Reyntjens est notamment connu pour avoir rédigé la Constitution rwandaise de 1978, conçue pour consolider le système discriminatoire du régime Habyarimana. Ce texte fondamental a fourni au pouvoir en place les instruments légaux ayant permis l’exclusion systématique des Tutsi, leur marginalisation politique et sociale, et finalement leur extermination en 1994.

Depuis cette période, Reyntjens n’a jamais cessé de défendre les dignitaires du régime déchu, allant jusqu’à développer la thèse du « double génocide », une démarche qui vise à diluer la responsabilité des instigateurs du génocide et à accuser le Front Patriotique Rwandais (FPR) de crimes comparables. L’objectif est clair : renverser la charge historique en présentant les victimes et leurs libérateurs comme des bourreaux à égalité avec les auteurs du génocide.

Parmi les épisodes les plus révélateurs de cette stratégie figure la correspondance que Reyntjens a entretenue avec Hassan Ngeze, rédacteur en chef du journal extrémiste Kangura, tristement célèbre pour avoir publié en décembre 1990 les « Dix commandements du Hutu » incitant ouvertement à la haine ethnique et à l’extermination des Tutsi. Hassan Ngeze a été condamné par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour incitation directe et publique à commettre le génocide ainsi que pour complicité d’extermination. Initialement condamné à la perpétuité, sa peine fut ensuite réduite à 35 ans par la Chambre d’appel.

Malgré la nature criminelle de cet individu, notoirement connue, Filip Reyntjens lui écrit le 9 mai 1997 pour solliciter sa coopération dans le but d’accuser le FPR d’être responsable de l’attentat contre l’avion du président Habyarimana, événement déclencheur du génocide. Dans sa lettre, il insiste : « Il serait en effet crucial de pouvoir prouver l’implication du FPR dans l’attentat contre l’avion du président Habyarimana… Je suis bien entendu disposé à rencontrer un journaliste de Kangura… ».

Cette initiative est d’autant plus troublante que Reyntjens lui-même avait décrit le rôle actif de Ngeze dans les massacres de Tutsi à Bugesera en 1992. Il écrivait que Ngeze avait participé à la logistique des opérations, transportant notamment du carburant utilisé par les Interahamwe et les soldats impliqués dans les attaques, et bénéficiant même de la protection de services de l’État. Reyntjens ne pouvait donc ignorer la nature génocidaire de son interlocuteur lorsqu’il lui demandait son aide pour construire des accusations contre le FPR.

Depuis juillet 1994, Filip Reyntjens a multiplié les initiatives visant à exonérer les responsables du génocide tout en s’acharnant à incriminer le FPR. Ses textes, conférences et interventions publiques s’inscrivent dans une même logique : fabriquer un récit alternatif dans lequel les crimes du régime Habyarimana seraient relativisés ou réinterprétés grâce à la fiction du « double génocide ». Cette approche, largement discréditée dans les milieux académiques sérieux, repose sur des manipulations de sources et sur des alliances douteuses, telles que celle entretenue avec Hassan Ngeze.

En rappelant ces faits, le ministre Bizimana remet en lumière une réalité historique trop souvent occultée. Filip Reyntjens, loin d’être un observateur neutre ou un universitaire indépendant, est un acteur engagé depuis longtemps aux côtés des idéologues du régime génocidaire. Ses tentatives répétées de révisionnisme ne sauraient occulter le rôle qu’il a joué dans la construction de récits destinés à minimiser la gravité et la responsabilité des auteurs du génocide contre les Tutsi.

Son recours à Hassan Ngeze, criminel condamné par le TPIR, en dit long sur la nature de ses collaborations et sur les objectifs poursuivis.

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