RDC : L’AFC/M23 fustige la volonté du Burundi de rejoindre les pourparlers de paix
Politique

RDC : L’AFC/M23 fustige la volonté du Burundi de rejoindre les pourparlers de paix

Emmanuel KANAMUGIRE

November 18, 2025

Le mouvement AFC/M23 a vivement critiqué la demande du Burundi de participer aux processus de paix en cours visant à résoudre la crise dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), qualifiant cette initiative de « piège » susceptible de compromettre les efforts de la paix.

Le ministre burundais des Affaires étrangères, Édouard Bizimana, a déclaré devant les délégués de la 9ᵉ Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, le 15 novembre, que son pays devrait être inclus à la fois dans le dialogue médié par le Qatar entre l’AFC/M23 et Kinshasa, et dans les discussions facilitées par Washington entre le Rwanda et le gouvernement congolais.

Il a justifié cette position en affirmant que l’accueil de plus de 100 000 réfugiés congolais au Burundi rendait légitime la participation de son pays.

Dans un communiqué publié le 16 novembre, l’AFC/M23 a dénoncé la position du Burundi comme un « discours victimaire habituel » dissimulant une « avidité géopolitique ».

« Ce qu’il ne dit pas, c’est pourquoi ces Congolais fuient, ni qui les traque jusqu’à Minembwe, où plus de dix bataillons burundais opèrent en sous-traitants militaires de Kinshasa, imposant un blocus criminel contre des populations abandonnées », peut-on lire dans le communiqué du mouvement.

Le mouvement a averti que la participation du Burundi rendrait la paix « impossible » et a prévenu que les ambitions de ce pays constituent un piège pour Kinshasa. Il a souligné que les allies de la RDC notamment les Wazalendo, les FDLR et désormais le Burundi, cherchent tous à obtenir une place autour de la table des négociations.

« Le Burundi sent que Kinshasa est affaibli, essoufflé, incapable de contrôler ses propres forces armées, encore moins ses alliances toxiques. Alors Gitega pousse ses pions ».

L’AFC/M23 a insisté sur le fait que le processus de Doha doit rester exclusivement entre le mouvement et le gouvernement congolais.

« Il n’y a que deux principales parties. Tout le reste n’est qu’ingérence, parasites et mercenaires politiques. Si tous les ‘alliés’ sont autorisés à s’y joindre, la paix deviendra impossible. »

« Si le Burundi et d’autres partenaires opportunistes s’imposent dans ce processus, alors le chemin vers la paix se transformera en labyrinthe ingérable. Un accord de paix ne peut pas devenir une foire où chaque allié auto-proclamé vient réclamer un siège, une récompense, ou un droit de veto », conclut le communiqué du mouvement.

Le Burundi maintient plusieurs bataillons dans l’est de la RDC à l’invitation du gouvernement de Kinshasa, qui seraient liés à une détérioration de la situation humanitaire pour la communauté banyamulenge dans les hauts plateaux de Minembwe, qui demeure coupée de l’accès à la nourriture, aux marchés et aux soins médicaux.

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