Selon Africa Intelligence, les autorités judiciaires belges examinent de près les comptes bancaires de plusieurs membres de la famille du président congolais Félix Tshisekedi. Une enquête préliminaire, menée par la procureure Ann Fransen au sein du parquet fédéral belge, porte sur des soupçons de détournement et de blanchiment de fonds liés à l’exploitation minière artisanale dans la région du Katanga.
L’affaire a commencé après le dépôt d’une plainte en juillet à Bruxelles par des ONG et associations katangaises. Celle-ci vise neuf membres de la famille Tshisekedi, tous de nationalité belge, accusés de « prédation » dans les mines du Lualaba et du Haut-Katanga.
Les proches du chef de l’État rejettent fermement ces accusations, affirmant que leur nom est parfois utilisé abusivement par des acteurs cherchant à s’implanter dans le secteur minier. Africa Intelligence rappelle qu’un rapport interne du groupe minier ERG semblait conforter certaines des préoccupations soulevées par la plainte.
Dans le cadre de ses investigations, la justice belge a adressé des réquisitions à plusieurs banques, demandant l’historique des comptes de Denise Nyakeru Tshisekedi, première dame, ainsi que ceux de Fanny Tshisekedi, et d’autres membres de la fratrie présidentielle : Christian, Jacques et Jean-Claude Tshisekedi, ainsi que Anthony Tshisekedi. L’enquête reste toutefois à un stade préliminaire, aucun juge d’instruction n’ayant encore été désigné.
Début novembre, Ann Fransen s’est rendue à Kinshasa pour rencontrer le ministre congolais de la Justice, Guillaume Ngefa. Le parquet fédéral belge explique que cette visite visait à renforcer la coopération judiciaire entre les deux pays, tout en reconnaissant l’existence de « plusieurs enquêtes en cours » présentant des ramifications entre la Belgique et la RDC.
Aucun commentaire supplémentaire n’a été fourni concernant ce dossier précis. Africa Intelligence note que le ministre congolais n’a pas répondu à ses sollicitations.
Cette affaire, qui mêle accusations de prédation, intérêts miniers stratégiques et tensions politiques, continue d’attirer l’attention alors que la régulation du cobalt artisanal constitue un enjeu majeur pour la RDC.
Les révélations d’Africa Intelligence donnent un aperçu d’un dossier potentiellement explosif, au cœur duquel le clan Tshisekedi se retrouve sous une surveillance accrue des autorités judiciaires belges.