RDC : l’AFC/M23 fixe ses conditions avant toute réouverture de l’aéroport de Goma
Actualite

RDC : l’AFC/M23 fixe ses conditions avant toute réouverture de l’aéroport de Goma

La Nouvelle Releve

November 27, 2025

Alors que Paris et Kinshasa insistent sur l’urgence de rouvrir l’aéroport international de Goma, l’AFC/M23, qui contrôle actuellement la ville et toutes ses installations stratégiques, affirme qu’aucune reprise des vols n’est envisageable sans la prise en compte des réalités techniques et sécuritaires présentes sur le terrain. Pour le mouvement, la question ne relève pas d’une décision politique lointaine, mais d’une situation pratique qui exige prudence et professionnalisme.

Selon les autorités locales de l’AFC/M23, la première urgence est de sécuriser l’espace aéroportuaire. Elles affirment que des mines auraient été laissées autour des pistes et des zones opérationnelles lors du retrait précipité des FARDC et de leurs alliés. Avant d’envisager tout décollage ou atterrissage, il faudrait mobiliser des experts capables de procéder à un déminage complet. À cela s’ajoute l’état de la tour de contrôle, aujourd’hui hors service.

Le matériel de communication, les radars, les serveurs et les ordinateurs auraient été sabotés ou pillés, rendant impossible la gestion de vols dans des conditions minimales de sécurité. Aucun instrument essentiel au contrôle aérien n’est actuellement fonctionnel, ce qui place l’aéroport dans une situation d’inactivité forcée.

Le départ massif du personnel qualifié constitue un autre obstacle. Contrôleurs aériens, aiguilleurs, techniciens et agents au sol ont fui Goma lors de l’avancée de l’AFC/M23. Une remise en état de l’aéroport passe donc par la constitution d’une nouvelle équipe capable d’assurer la gestion technique et logistique des opérations.

Le mouvement insiste sur la nécessité de recruter des professionnels en qui les autorités actuelles peuvent placer leur confiance, afin d’éviter toute faille qui pourrait engager la sécurité des civils.

Sur le plan politique, l’AFC/M23 rappelle qu’une réouverture ne pourrait se faire qu’avec son autorisation, puisqu’il s’agit de l’acteur qui contrôle de fait le terrain. Les responsables locaux estiment d’ailleurs que l’aéroport ne saurait être utilisé comme porte d’entrée pour des opérations militaires clandestines ou des infiltrations déguisées en vols humanitaires ou commerciaux. Cette crainte explique leur exigence d’un climat de confiance entre Kinshasa et les autorités de Goma, afin d’éviter tout incident susceptible de raviver le conflit.

Le mouvement conditionne également la réouverture à l’instauration d’un cessez-le-feu véritable et vérifié par un mécanisme international. L’arrêt des frappes de drones et des bombardements par avions Sukhoï est, selon eux, indispensable pour desserrer les dispositifs de défense actuellement en place et garantir un espace aérien sécurisé. Sans cette garantie, tout vol commercial ou humanitaire exposerait les populations à des risques importants.

En parallèle, l’AFC/M23 soutient qu’il n’existe plus de camps de déplacés à Goma et que la priorité immédiate devrait être de rouvrir les banques afin de permettre le paiement des fonctionnaires, enseignants et employés qui n’ont plus accès à leurs revenus. Le mouvement estime que l’aide humanitaire devrait désormais être orientée vers le Rutshuru, où se trouvent des populations retournées qui nécessitent des services de base.

Dans l’attente des travaux techniques et d’un accord politique formel, les autorités locales rappellent que le Rwanda a toujours facilité les vols humanitaires, notamment via les aéroports de Kigali et de Rubavu, et que cette option pourrait servir de solution provisoire.

Elles soulignent toutefois que la véritable réponse durable passera par la remise en état de l’aéroport de Goma et la reprise progressive des vols commerciaux, un soulagement que les habitants attendent avec impatience.

Pour l’AFC/M23, la sécurité demeure la priorité absolue. Le mouvement affirme vouloir la reprise des vols Goma–Kinshasa–Lubumbashi–Beni–Butembo, mais seulement une fois réunies toutes les conditions permettant d’éviter un nouvel épisode de violence ou d’instabilité. En attendant, la réouverture de l’aéroport reste suspendue à la mise en œuvre de ces exigences jugées essentielles.

Ajouter un commentaire

Règles d’utilisation du forum

Dernières articles