RDC : un cycle infernal de paix signée… et bafouée
Politique

RDC : un cycle infernal de paix signée… et bafouée

La Nouvelle Releve

December 5, 2025

Pendant plus de vingt ans, la RDC a signé une série d’accords de paix majeurs , depuis l’accord de cessez-le-feu de Lusaka jusqu’aux toutes récentes négociations de Washington , censés mettre fin aux conflits dans l’Est du pays. Malgré l’investissement massif de la communauté régionale et internationale, la situation reste inchangée : peu, voire aucun de ces engagements n’a été concrètement mis en œuvre, laissant place à la reprise des hostilités, la persistance des groupes armés, le déplacement des populations, et l’aggravation de la crise humanitaire.

Depuis les années 2000 ,à commencer par l’accord de Lusaka et l’Accord de Pretoria , jusqu’aux initiatives récentes menées par l’Union africaine, l’ONU, l’ICGLR et les États-Unis, la RDC a signé une série de traités promettant cessez-le-feu, rapatriement des forces étrangères, désarmement des milices locales, démobilisation, et amélioration de la coopération régionale. Pourtant, l’application de ces engagements a systématiquement échoué. Quatorze accords signés entre 2002 et 2025 illustrent ce schéma récurrent. Sur le terrain, les groupes armés continuent d’opérer, les conflits reprennent, et les civils paient le prix fort.

Le plus récent accord, signé en juin 2025 entre la RDC et le Rwanda à Washington, incluait des dispositions sur l’arrêt des hostilités, le retrait des troupes étrangères, le désarmement des milices et la coopération économique, notamment dans le secteur minier. Mais il omettait toute disposition pour juger les responsables de crimes graves ,meurtres, déplacements forcés et abus , perpétrés dans l’Est. Amnesty International et d’autres organisations ont dénoncé cette absence, estimant qu’elle compromet gravement la protection des populations et l’espoir d’une paix durable.

Certains acteurs clés, comme le groupe rebelle M23, n’étaient pas parties prenantes des négociations de 2025. Sans l’implication des principaux protagonistes, toute promesse de désarmement ou de retrait des troupes reste largement symbolique. De plus, les mécanismes de suivi demeurent insuffisants et la justice pour les victimes des exactions passées reste inexistante.

Pour les populations de l’Est, la répétition de ces accords sans résultats tangibles a engendré cynisme et désespoir. Leurs anciens espoirs se sont transformés en traumatisme : déplacements, violences, perte de confiance dans les institutions et sentiment d’abandon. Pour les voisins , notamment le Rwanda , et pour les partenaires internationaux, ces échecs successifs fragilisent toute perspective de stabilité. Chaque nouvel accord signé à l’étranger suscite méfiance et scepticisme.

L’histoire longue et récurrente des accords jamais appliqués en RDC montre qu’un texte signé ne suffit pas. Pour que la paix ne soit pas qu’un mot sur du papier, il faut vérité, justice, implication réelle des groupes armés, protection des civils, et engagement concret des États. La vigilance des partenaires internationaux et de la société civile est indispensable, car ce sont des millions de vies qui sont en jeu.

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