Tshisekedi face au droit international : comment le recours aux mercenaires viole la Charte de l’OUA et la Convention de l’ONU
Politique

Tshisekedi face au droit international : comment le recours aux mercenaires viole la Charte de l’OUA et la Convention de l’ONU

La Nouvelle Releve

December 7, 2025

Au moment où la communauté internationale suit de près l’évolution de la crise sécuritaire en République démocratique du Congo, de nouveaux éléments confirment que le gouvernement de Félix Tshisekedi a franchi une ligne rouge inscrite aussi bien dans le droit africain que dans le droit international : le recours massif à des mercenaires étrangers. Les faits survenus depuis le début de l’année illustrent une dérive grave qui place la RDC en violation directe de la Convention de l’OUA pour l’élimination du mercenariat en Afrique (1977) et de la Convention internationale des Nations unies de 1989.

En janvier, après la prise de Goma, des centaines de mercenaires roumains ont été capturés, présentés aux médias puis reconduits dans leur pays. Leur présence, jusque-là niée par Kinshasa, avait stupéfié les observateurs : ces combattants privés touchaient entre 8 000 et 10 000 dollars par mois, alors que le soldat congolais gagne à peine 100 dollars. Cette révélation a exposé l’ampleur d’une militarisation parallèle financée en dehors de tout cadre légal.

La situation s’est de nouveau enflammée samedi dernier lorsqu’un hélicoptère bombardant les zones civiles de Gatogota, Luvungi et des Hauts Plateaux s’est abîmé dans le lac Tanganyika. Deux mercenaires ont été repêchés vivants, tandis qu’un troisième a péri dans l’accident. Dans le Sud-Kivu, des combattants colombiens ont également été signalés aux côtés des FARDC dans les opérations contre le M23. Ces incidents, loin d’être isolés, s’inscrivent dans une stratégie sécuritaire de plus en plus dépendante d’acteurs étrangers recrutés pour participer directement aux hostilités.

Or, les deux principaux instruments juridiques encadrant cette question sont sans ambiguïté. La Convention de l’OUA de 1977 interdit formellement le recrutement, l’utilisation, le financement ou l’entraînement de mercenaires sur le continent africain. Elle établit que quiconque est engagé pour combattre, motivé par un gain financier, non membre des forces armées nationales et agissant en dehors d’un mandat d’État tiers, est considéré comme mercenaire et relève de poursuites pénales. En permettant leur entrée, leur déploiement et leur participation active dans un conflit interne, la RDC contrevient clairement à toutes ces dispositions.

La Convention internationale de l’ONU de 1989, entrée en vigueur en 2001, renforce ces obligations en criminalisant non seulement l’utilisation, mais aussi le recrutement, le financement et l’entraînement de mercenaires. Elle impose aux États de refuser leur territoire comme base d’opérations et de coopérer activement pour lutter contre ce phénomène. L’État congolais, en intégrant ces combattants privés dans ses opérations militaires, en les rémunérant à des montants astronomiques et en refusant toute transparence sur leur présence, viole donc également le droit international.

Le recours massif aux mercenaires est plus qu’une entorse juridique : il constitue une menace directe contre la paix et la sécurité régionales. En bombardant des zones civiles, comme cela s’est produit à Gatogota et Luvungi, ces acteurs étrangers aggravent les souffrances des populations et alimentent un cycle de violence incontrôlable. Il s’agit aussi d’un aveu d’échec pour un État qui, plutôt que de renforcer ses forces régulières, délègue sa souveraineté militaire à des individus motivés par le profit.

L’Afrique a longtemps souffert des coups d’État, interventions illicites et déstabilisations orchestrées par des mercenaires. Les conventions de 1977 et de 1989 ont été adoptées précisément pour empêcher un retour à ces pratiques destructrices. Que la RDC, pays fondateur de l’OUA, en vienne à violer ouvertement ces engagements constitue un précédent dangereux pour tout le continent.

En choisissant de s’appuyer sur des mercenaires roumains, serbes, colombiens et d’autres nationalités encore non reconnues officiellement, Félix Tshisekedi s’engage dans une voie contraire à l’esprit d’autodétermination africaine et aux principes fondamentaux du droit international. Cette décision aggrave la crise, affaiblit les institutions militaires nationales et expose les populations civiles à des violences toujours plus indiscriminées.

Dans un contexte régional déjà fragile, cette dérive devrait alerter non seulement les organisations internationales, mais aussi les peuples africains. Car l’histoire du continent l’a montré : lorsqu’un État ouvre la porte aux mercenaires, c’est toute la région qui finit par en payer le prix.

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