
Le gouvernement rwandais a dénoncé une nouvelle violation du cessez-le-feu prévu par les Accords de Washington, attribuant cette escalade aux armées de la République démocratique du Congo et du Burundi, appuyées par des éléments FDLR et des milices Wazalendo. Dans un communiqué publié par le Ministère rwandais des Affaires étrangères, Kigali affirme que ces forces ont lancé de nouvelles attaques dans l’Est de la RDC, compromettant les engagements pris moins d’une semaine auparavant dans le cadre du processus de désescalade.
Selon le communiqué, les opérations menées par les FARDC, les troupes burundaises et leurs alliés armés se sont intensifiées dans plusieurs zones proches de la frontière rwandaise, ciblant notamment des localités contrôlées par le M23 et des communautés congolaises rwandophones. Kigali estime que ces actions constituent une rupture flagrante du cessez-le-feu et une démonstration claire que certaines parties n’ont jamais eu l’intention de respecter l’accord signé à Washington.
Le Rwanda rejette en bloc les accusations de Kinshasa et de divers acteurs internationaux l’accusant d’être responsable de la reprise des hostilités. Le gouvernement rwandais affirme que ces accusations reposent sur des analyses incomplètes, ignorent la réalité du terrain et occultent un élément central du conflit : la présence active et coordonnée des FDLR, un groupe armé impliqué dans le génocide contre les Tutsi en 1994 et toujours opérationnel dans l’Est congolais.
Le rôle du Burundi est également pointé du doigt. Le communiqué note que des unités burundaises participent à des opérations conjointes avec les FARDC et des milices locales, contribuant ainsi à une « déstabilisation dangereuse » de la région. Pour Kigali, cette implication renforce la complexité du conflit et alimente davantage une spirale de violence qui menace la sécurité régionale.
Le Rwanda avertit également contre les déclarations diplomatiques qu’il juge biaisées ou mal informées. Selon Kigali, ces prises de position négligent des faits essentiels et risquent de conforter l’impunité de certains acteurs tout en alimentant des narratifs partisans. Le gouvernement appelle à une reconnaissance claire des responsabilités, à une analyse rigoureuse et à un engagement sincère en faveur de la paix.
Malgré l’espoir suscité par les Accords de Washington, les derniers développements montrent que le processus reste fragile et menacé par des violations répétées. Kigali insiste sur la nécessité urgente d’un mécanisme crédible de suivi du cessez-le-feu et d’une implication internationale équilibrée, capable de garantir que toutes les parties respectent leurs engagements pour éviter une nouvelle détérioration de la situation dans la région des Grands Lacs.