L’ambassadeur du Rwanda auprès des Nations unies, Ngoga Martin, a expliqué que les cinq Rwandais installés au Niger ne devraient pas peser sur l’Organisation, puisque leur pays est prêt à bien les accueillir.
Maj Nzuwonemeye François-Xavier, Mugiraneza Prosper, le Col Nteziryayo Alphonse, Ntagerura André et le Capt Innocent Sagahutu sont hébergés au Niger depuis la fin de l’année 2021, après avoir purgé leurs peines pour des crimes liés au génocide, tandis que d’autres ont été acquittés.
Le 10 décembre 2025, alors que le Conseil de sécurité de l’ONU discutait des activités du Mécanisme international appelé à exercer les fonctions résiduelles des tribunaux pénaux (IRMCT), la question de ces Rwandais a de nouveau été soulevée.
Fin 2021, le gouvernement du Niger avait fait savoir qu’il ne souhaitait pas que ces Rwandais restent à Niamey. D’autres pays, notamment en Europe, ont refusé de les accueillir.
Le Rwanda, quant à lui, a indiqué qu’il était prêt à les recevoir et qu’une fois à Kigali, leurs droits seraient pleinement respectés, mais eux refusent de rentrer.
Bien qu’ils refusent de retourner au Rwanda, ces Rwandais continuent de dénoncer leurs conditions de vie au Niger, estimant qu’on ne leur accorde pas la liberté de mouvement nécessaire pour subvenir à leurs besoins. Pour cette raison, ils ont demandé à l’IRMCT de leur fournir des fonds supplémentaires pour leur logement et leur entretien.
L’ambassadeur Ngoga a déclaré au Conseil de sécurité que le Rwanda est un État de droit, soulignant que les Rwandais hébergés au Niger n’encourent aucune poursuite puisqu’ils ont purgé leurs peines ou ont été acquittés.
« Le Rwanda réaffirme qu’elles jouissent de leurs droits fondamentaux et qu’elles ne devraient donc pas continuer à être une charge inutile pour les Nations unies, d’autant plus qu’elles ont un pays et des familles disposés à les accueillir. Le Rwanda est prêt à les recevoir, avec toutes les garanties nécessaires. »
Un autre Rwandais poursuivi pour un rôle majeur dans le génocide perpétré contre les Tutsi en 1994, Félicien Kabuga, est détenu provisoirement dans un centre de l’ONU à La Haye, aux Pays-Bas, depuis octobre 2020.
Depuis 2023, lorsque l’IRMCT a décidé de mettre fin à son procès en raison de problèmes de santé, notamment de graves troubles de mémoire, aucun des pays européens où il souhaitait résider n’a accepté de l’accueillir.
L’ambassadeur Ngoga a réaffirmé que le Rwanda est prêt à accueillir dignement Kabuga si l’IRMCT décide de le transférer à Kigali, ajoutant que c’est l’option la plus appropriée quant au lieu où il devrait être hébergé.