Le ministre rwandais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Olivier Nduhungirehe, a souligné la nécessité du retrait des troupes burundaises présentes sur le territoire congolais. Selon lui, leur présence entrave les efforts visant à trouver une solution pacifique à la crise qui secoue l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Il s’est exprimé mercredi dans une interview accordée à RBA, au cours de laquelle il est revenu sur la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs.
Durant cet entretien, le ministre Nduhungirehe a dénoncé le soutien apporté par l’armée burundaise aux FARDC, affirmant que cette collaboration viole les accords de cessez-le-feu et constitue une menace pour la stabilité régionale.
« Il y a plus de 20 000 soldats burundais dans la province du Sud-Kivu. Ils encerclent les communautés banyamulenge, les empêchent d’accéder aux marchés, commettent des atrocités et menacent la sécurité des pays de la région. Ils opèrent en coalition avec les génocidaires des FDLR, qui cherchent à attaquer le Rwanda, en plus de s’appuyer sur des mercenaires et d’autres forces », a-t-il déclaré.
Il a également qualifié de « mensonges » les accusations du ministre burundais des Affaires étrangères, qui avait affirmé le 8 décembre 2025 que le Rwanda avait tiré sur le territoire burundais.
« Ce sont des mensonges, puisque les tirs sont venus du Burundi, à Kamanyura. Et puis le Burundi, en fait le problème, c’est leur intervention à la province du sud Kivu, qui menace la sécurité de la region. Donc il est difficile d’avoir une paix dans la région sans le retrait de ces forces burondaises qui contribuent négativement à une solution pacifique de cette crise”, a insisté Nduhungirehe.
Pour rappel, le 4 décembre 2025, le président rwandais Paul Kagame et son homologue congolais Félix Antoine Tshisekedi ont signé à Washington des accords de paix sous l’égide du président américain Donald Trump.
Le ministre rwandais a réaffirmé l’engagement de Kigali en faveur de la paix: “Ce qu’il faut maintenant, c’est qu’il y ait une mise en œuvre stricte du cessez-le-feu, qui inclut bien sûr le retrait des troupes burundaises et l’arrêt de ses frappes aériennes.”
Interrogé sur la réaction de la communauté internationale après la prise d’Uvira par l’AFC/M23, réaction qui a largement condamné le Rwanda, Nduhungirehe a dénoncé un « parti pris ».
« Cette crise dure depuis un certain temps et nous avons constaté un parti pris de la part de ces pays qui reconnaissent qu’il y a des problèmes de la part de Kinshasa, des problèmes de gouvernance, des problèmes de manque de respect, du cessez-le-feu, mais qui refusent d’agir pour essayer de contraindre Kinshasa et Bujumbura de jouer un rôle positif dans la paix dans notre region », a-t-il conclu.