L’ancien chef rebelle congolais Roger Lumbala a été condamné, lundi 15 décembre, à Paris, à 30 ans de réclusion criminelle pour complicité des crimes contre l’humanité commis par ses soldats en 2002-2003 en République démocratique du Congo.
D’après France 24, la cour d’assises de Paris a jugé cet homme de 67 ans au titre de la compétence universelle qu’elle s’octroie pour juger les crimes contre l’humanité.
Le parquet national antiterroriste (Pnat), compétent sur ces crimes, avait requis la réclusion criminelle à perpétuité, la peine la plus lourde prévue par le code pénal français.
Détenu en France depuis janvier 2021, Roger Lumbala avait refusé d’assister à l’essentiel de son procès, dénonçant la légitimité de la justice française. Il est toutefois revenu écouter le verdict, accompagné de son avocat commis d’office, présent pour la première fois à l’audience.
La cour a écouté le récit d’exactions commises lors de l’offensive “Effacer le tableau”, menée contre une faction rivale dans le nord-est du pays par le RCD-N, le groupe rebelle de Lumbala.
Parmi ces exactions figurant des viols utilisés comme armes de guerre, esclavage sexuel, travail forcé, tortures, mutilations, exécutions sommaires, pillage systématique, racket, captation des ressources (diamants, coltan…).
Soutenu par l’Ouganda voisin, le RCD-N était allié au MLC de l’actuel ministre congolais des Transports, Jean-Pierre Bemba.
Trois chefs de guerre, Thomas Lubanga, Germain Katanga et Bosco Ntaganda ont déjà été condamnés par la Cour pénale internationale pour des crimes commis lors des conflits qui ravagent l’est de la RD Congo depuis trois décennies. Mais aucune cour nationale d’un pays s’octroyant la compétence universelle n’a jusqu’à présent condamné quiconque pour ces atrocités.
Les ONG parties civiles dont Trial International ont salué la décision de la cour d’assises de Paris estimant qu’elle met fin à des décennies d’impunité pour les crimes commis lors des conflits qui ravagent l’est de la RDC depuis plus de trente ans.