Le Rwanda renforce l’agriculture intelligente face au climat et la sécurité alimentaire
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Le Rwanda renforce l’agriculture intelligente face au climat et la sécurité alimentaire

La Nouvelle Releve

December 17, 2025

Le Rwanda a dévoilé deux grands cadres nationaux d’investissement visant à accélérer le développement de l’agriculture intelligente face au climat et la gestion durable des paysages. Les dirigeants gouvernementaux et les partenaires ont appelé à une action coordonnée pour garantir la sécurité alimentaire, restaurer les terres dégradées et renforcer la résilience face au changement climatique.

Ces engagements ont été annoncés le 16 décembre 2025, lors de la 18ᵉ réunion nationale du Groupe de travail intersectoriel sur la restauration des paysages forestiers et l’agriculture et l’alimentation durables, tenue à Kigali.

La rencontre était organisée par le ministère de l’Environnement en collaboration avec le ministère de l’Agriculture et des Ressources animales, le ministère de l’Administration locale et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN – Bureau pays Rwanda), avec le soutien du programme AREECA.

Le ministre de l’Agriculture et des Ressources animales, le Dr Telesphore Ndabamenye, a décrit ce plan comme un élément central de l’agenda du Rwanda en matière de sécurité alimentaire et de transformation rurale.

« Ce plan d’investissement couvre une période de cinq ans, de 2025 à 2030, avec une opportunité d’investissement estimée à 355 million de dollars », a-t-il déclaré. « Il ne s’agit pas seulement d’un chiffre. C’est un investissement dans la population, les paysages et l’avenir du Rwanda. »

Le plan s’articule autour de trois piliers stratégiques. Le premier concerne l’irrigation intelligente, visant à étendre des systèmes d’irrigation résilients au climat afin de réduire la dépendance aux précipitations imprévisibles, d’augmenter les rendements et de permettre une production tout au long de l’année.

Le deuxième pilier porte sur des chaînes de valeur agricoles résilientes. Grâce à l’amélioration des pratiques post-récolte, du stockage, de la transformation et de l’accès aux marchés, les agriculteurs devraient accroître leurs revenus tout en réduisant les pertes et en créant des opportunités d’emploi, en particulier pour les femmes et les jeunes.

Le troisième pilier promeut des pratiques agricoles durables et à faibles émissions, telles que l’agroforesterie, une meilleure gestion des sols et des systèmes d’élevage intelligents face au climat, qui augmentent la productivité tout en réduisant les émissions et en restaurant les écosystèmes.

« Ces approches nous permettent de renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle tout en alignant l’agriculture sur les engagements climatiques du Rwanda », a ajouté le Dr Ndabamenye.

Dans son allocution, la ministre de l’Environnement, le Dr Bernadette Arakwiye, a souligné que la gestion durable des paysages n’est plus une question sectorielle, mais une priorité nationale de développement.

« Plus de 60 % des Rwandais dépendent de l’agriculture pour leurs moyens de subsistance », a-t-elle déclaré, soulignant que la sécurité alimentaire, les revenus ruraux et la stabilité économique sont étroitement liés à des paysages sains et productifs. « L’agriculture ne fonctionne pas de manière isolée. Sa productivité dépend de sols fertiles, de systèmes hydriques fiables, de forêts restaurées et d’écosystèmes fonctionnels. »

Elle a averti que le changement climatique, à travers l’augmentation de la variabilité des précipitations, des inondations, des sécheresses, de l’érosion des sols et de la dégradation des terres, menace la productivité agricole ainsi que les investissements dans les infrastructures et la croissance économique à long terme.

Le ministre de l’Administration locale, Dominique Habimana, a indiqué que le succès du Cadre d’investissement pour la gestion durable des paysages dépend d’un leadership communautaire fort et d’une mise en œuvre décentralisée.

« Au cœur de ce cadre se trouve un processus de planification participative qui place les communautés et les gouvernements locaux au centre de la prise de décision », a-t-il expliqué.

Il a cité les Plans d’action d’aménagement foncier villageois basés sur les bassins versants comme un outil clé garantissant que les citoyens soient des acteurs à part entière plutôt que de simples bénéficiaires. Depuis l’année dernière, cette approche a été mise en œuvre dans au moins 21 districts, couvrant 470 villages, et 200 villages supplémentaires devraient être intégrés dans les prochains mois.

La représentante de l’UICN au Rwanda, Mme Kaori Yasuda, a réaffirmé le soutien continu de l’UICN au gouvernement rwandais, notamment en matière d’assistance technique, de mobilisation des ressources et de renforcement des capacités.

Elle a cité plusieurs réalisations, telles que l’élaboration des Plans d’action d’aménagement foncier villageois et l’appui au ministère de l’Environnement, à travers la REMA, pour l’élaboration de la Stratégie et du Plan d’action nationaux pour la biodiversité 2025.

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