Les déclarations tenues récemment sur la chaîne nationale congolaise RTNC par le porte-parole des Forces armées de la RDC (FARDC), le général Sylvain Ekenge, continuent de susciter une vive indignation au niveau régional. En affirmant notamment que « lorsque vous épousez aujourd’hui une femme tutsi, il faut faire attention » et en qualifiant une communauté tutsi congolaise de « perfide », le haut responsable militaire a tenu des propos perçus comme ouvertement stigmatisants et dangereux.
Réagissant à ces déclarations, le ministre rwandais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Olivier Nduhungirehe, a exprimé une profonde inquiétude face à ce qu’il qualifie de glissement alarmant vers une rhétorique génocidaire de la part du régime de Kinshasa.
Dans un message particulièrement ferme, le chef de la diplomatie rwandaise a souligné le contraste choquant entre l’esprit de Noël — période de paix, de réconciliation et d’apaisement — et les discours de haine diffusés sur une télévision nationale. « Dans cette période de fêtes, où le miracle de Noël devrait apaiser les esprits, le régime de Kinshasa prend malheureusement le chemin inverse, sombrant de manière vertigineuse dans l’horreur génocidaire », a-t-il déclaré.
Le ministre Nduhungirehe rappelle que ces propos s’inscrivent dans un contexte plus large qu’il juge préoccupant :
la collaboration persistante des autorités congolaises avec les FDLR, un groupe armé composé de génocidaires rwandais ;
les bombardements et persécutions visant les populations tutsi congolaises, notamment les Banyamulenge ; et l’accueil officiel à Kinshasa d’influenceurs congolais vivant à l’étranger, qui appellent publiquement à l’extermination des Tutsi à travers un langage déshumanisant.
Selon Kigali, le plus grave réside dans le fait que le porte-parole de l’armée congolaise ait, à la télévision nationale, repris presque mot pour mot le premier des “Dix Commandements des Hutu”, un texte publié en 1990 par le journal extrémiste rwandais Kangura, tristement célèbre pour avoir préparé idéologiquement le génocide contre les Tutsi de 1994.
Pour le Rwanda, cette référence historique lourde de sens ne peut être considérée comme une simple maladresse. Elle constitue, selon le ministre Nduhungirehe, un signal extrêmement dangereux qui appelle à une prise de responsabilité immédiate, tant au niveau national qu’international, afin de prévenir toute répétition des tragédies du passé.