Des réfugiés congolais vivant dans les camps de Mugombwa (district de Gisagara), de Kiziba (district de Karongi) ainsi que de Nyabiheke (district de Gatsibo) ont organisé aujourd’hui une marche pacifique pour condamner les propos haineux tenus par certains responsables de la République démocratique du Congo.
Ils ont notamment dénoncé les récentes déclarations du porte-parole des FARDC, le général de division Sylvain Ekenge, qui a exhorté les jeunes hommes de la RDC à ne pas épouser des femmes Tutsi.
Ces manifestations pacifiques font suite à celles organisées par les réfugiés des camps de Mahama (district de Kirehe) et de Kigeme (district de Nyamagabe), qui ont eu lieu le jeudi 1er janvier 2025.
Le directeur du camp de réfugiés de Kiziba, Nsengamungu Abel Méthode, a souligné que l’organisation de cette marche pacifique visait à alerter la communauté internationale sur les menaces que représentent ces discours haineux, en particulier ceux visant les Tutsi congolais.
Il a indiqué que, même si Sylvain Ekenge a été démis de ses fonctions de porte-parole de l’armée congolaise, cette décision relève selon lui d’une manœuvre trompeuse.
D’autres manifestants ont déclaré que ces propos les avaient profondément blessés et qu’ils souhaitent que l’auteur soit tenu responsable.
Katabesha Vital, résident du camp de Kiziba depuis 30 ans, a affirmé ne pas comprendre comment leur gouvernement pouvait continuer à stigmatiser sa propre population tout en collaborant avec le groupe armé FDLR, qualifié de terroriste.
« À Minembwe, les Tutsi ont été encerclés par les FDLR, les Maï-Maï et les Wazalendo. Ils n’ont rien à manger et aucun endroit où s’approvisionner », a-t-il expliqué.
Ces Congolais dénoncent le fait d’être assimilés à des Rwandais en raison de leur langue, le kinyarwanda, et estiment que personne ne devrait être blâmé pour la langue qu’il parle.
Le Rwanda accueille depuis plus de 25 ans plus de 100 000 réfugiés congolais qui ont fui l’insécurité persistante dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, à l’est de la RDC.
Des analystes de la région des Grands Lacs soulignent que, malgré la signature des accords de paix de Washington entre la RDC, les États-Unis et le Rwanda, la situation sécuritaire demeure fragile. Selon eux, les discours haineux et discriminatoires de certains dirigeants régionaux compromettent gravement les efforts de paix et de stabilité.


