Nduhungirehe réfute les allégations présentant des civils comme des soldats des RDF
Politique

Nduhungirehe réfute les allégations présentant des civils comme des soldats des RDF

La Nouvelle Releve

January 4, 2026

Le gouvernement de Kinshasa a une nouvelle fois orchestré une mise en scène médiatique en présentant des civils tutsis comme de prétendus soldats des Forces de Défense du Rwanda (RDF). Cette opération intervient dans un contexte de fortes critiques visant les propos haineux du porte-parole des FARDC, le général Sylvain Ekenge, et apparaît comme une tentative manifeste d’en détourner l’attention.

Le ministre rwandais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Amb. Olivier Nduhungirehe, a catégoriquement rejeté ces accusations, dénonçant un mensonge d’État et une manipulation grossière de l’opinion publique.

« Le mensonge d’État n’a décidément plus de limites à Kinshasa. AUCUN militaire de la Force Rwandaise de Défense (RDF) n’a été arrêté au Congo ou présenté à la presse. Il s’agit d’un théâtre médiocre auquel même ses metteurs en scène ne croient. »

Un civil transformé en “preuve” fabriquée

Parmi les huit personnes présentées aux médias comme des « soldats RDF capturés sur le front » figure Abuba Ndayambaje, dont le cas illustre clairement la supercherie.

Abuba Ndayambaje n’est pas militaire. Il s’agit d’un civil congolais tutsi, éleveur de bétail, enlevé le 21 janvier 2024 dans la localité de Ngungu, secteur de Murambi, une zone où opèrent les groupes armés FDLR et Nyatura (Wazalendo), aux côtés des FARDC.

Au moment de son enlèvement, Ndayambaje ne portait aucun uniforme militaire, aucune arme, aucune botte.Il gardait simplement son bétail lorsque des éléments Wazalendo l’ont kidnappé et ont pillé ses vaches. Son seul “crime” était son apparence et son identité tutsies.

Un mensonge recyclé

Le 17 février 2024, Abuba Ndayambaje a été pour la première fois présenté à l’opinion publique comme un soldat des RDF par le Lt-Col. Guillaume Ndjike, alors porte-parole des FARDC au Nord-Kivu. Pour les besoins de la mise en scène, il avait été habillé d’un uniforme militaire flambant neuf, équipé d’un casque, de bottes et d’un fusil Kalachnikov.

Cette version contredisait pourtant des images antérieures montrant le même jeune homme, à la mi-janvier 2024, en tenue civile très sale, avec des pieds n’ayant manifestement jamais porté de bottes militaires.

Le 2 janvier 2026, il a été une nouvelle fois présenté à la presse à Kinshasa comme un soldat rwandais, démontrant le recyclage délibéré d’un mensonge déjà exposé.

Une atteinte grave à la dignité humaine

Cette instrumentalisation répétée constitue une humiliation grave d’une victime civile, enlevée, dépouillée de ses moyens de subsistance et exposée publiquement à des accusations mensongères. Elle révèle également une pratique dangereuse de stigmatisation ciblant des civils en raison de leur identité ethnique tutsie.

« Même en tentant de faire oublier le scandale Ekenge, le gouvernement congolais agit d’une façon extrêmement médiocre », a conclu le ministre Nduhungirehe.

Détourner l’attention des discours de haine

Pour de nombreux observateurs, cette mise en scène vise avant tout à diluer les critiques suscitées par les propos incendiaires du général Ekenge. Plutôt que de répondre aux préoccupations liées aux discours de haine et aux risques d’incitation à la violence, les autorités congolaises semblent recourir à la désinformation et à la manipulation de civils vulnérables.

Le Rwanda réaffirme qu’aucun soldat des RDF n’a été arrêté ni présenté en RDC, et que les personnes exhibées devant les caméras sont des civils instrumentalisés, utilisés comme outils de communication politique au mépris de la vérité et de la dignité humaine.

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