Dans les coulisses des unités d’intervention spéciale du RCS : quand la discipline et la loi prévalent dans les prisons rwandaises
Actualite

Dans les coulisses des unités d’intervention spéciale du RCS : quand la discipline et la loi prévalent dans les prisons rwandaises

Noel KAMBANDA

January 7, 2026

Comme les autres organes de sécurité du pays, le Service Correctionnel du Rwanda (RCS) s’est doté d’une unité spécialisée chargée d’intervenir en cas de situations d’urgence dans les établissements pénitentiaires. Connue sous le nom d’Unité d’Intervention d’Urgence (Emergency Response Unit – Special Force), cette force est principalement chargée de prévenir les tentatives d’évasion et de maîtriser les mouvements de contestation ou de violence pouvant survenir en milieu carcéral.

Cette unité est composée de plus de 150 femmes et hommes rigoureusement sélectionnés et formés pour intervenir avec rapidité, efficacité et professionnalisme. Leur particularité réside dans leur capacité à rétablir l’ordre sans causer de blessures, ni aux détenus ni aux agents pénitentiaires. Leur formation et leurs entraînements se déroulent à l’École de formation du RCS de Nsinda, dans le district de Rwamagana, à l’Est du Rwanda.

Selon CSP Hillary Sengabo, porte-parole du RCS, la prison est un lieu spécifique où des personnes sont privées de liberté sur décision de justice, afin de purger des peines prononcées par les tribunaux. Il souligne que cette privation de liberté n’est jamais volontaire, mais découle strictement de l’application de la loi. C’est précisément pour cette raison que certains détenus peuvent éprouver de la frustration, tenter de s’évader ou s’opposer à l’autorité pénitentiaire.

Dans ce contexte, l’unité d’intervention spéciale est mobilisée lorsqu’un détenu refuse d’obéir à la loi ou cherche à utiliser la violence pour échapper à la justice. CSP Sengabo explique que l’intervention repose sur l’usage d’une force proportionnée, strictement encadrée par la loi, dont l’objectif est de neutraliser la menace sans porter atteinte à l’intégrité physique des personnes concernées. Il précise que cela peut consister à empêcher une fuite, à contenir une agression ou à stopper des actes de destruction, tout en évitant toute violence excessive.

Les agents de cette unité disposent de techniques et d’équipements adaptés aux situations sensibles, notamment la maîtrise physique, l’utilisation de menottes, de bâtons réglementaires, de gaz lacrymogène ou encore de canons à eau. Ces moyens permettent de disperser des regroupements violents, d’empêcher des affrontements et de rétablir l’ordre sans recourir à des méthodes dangereuses. Cette approche vise à protéger à la fois les détenus et le personnel pénitentiaire, tout en évitant des conséquences judiciaires supplémentaires liées à des blessures ou à des abus.

L’administration pénitentiaire souligne que la mise en place de cette unité s’inscrit dans une démarche globale de renforcement institutionnel et de professionnalisation du RCS, en conformité avec les lois rwandaises et les normes internationales relatives aux droits humains. CSP Sengabo rappelle qu’à travers le monde, des cas ont été enregistrés où des détenus ont poursuivi en justice des agents pénitentiaires pour usage excessif de la force. L’existence d’unités spécialisées permet précisément de gérer les situations à haut risque de manière encadrée, en réduisant les abus et les litiges.

Il ajoute que le Rwanda n’est pas une exception dans ce domaine. Des unités similaires existent dans plusieurs pays, notamment aux États-Unis où elles sont connues sous le nom de Special Operations Response Teams (SORT), en Israël au sein de l’Israel Prison Service (IPS), ainsi que dans de nombreux pays européens. Ces unités interviennent notamment lors de fouilles sensibles ou lorsqu’il existe des soupçons de détention d’objets interdits en prison, tels que l’alcool, les drogues ou d’autres substances prohibées en milieu carcéral. Dans de telles situations, des détenus peuvent s’organiser pour résister aux fouilles, rendant l’intervention ordinaire risquée pour toutes les parties.

Sans une approche spécialisée, ces opérations pourraient dégénérer en affrontements violents entraînant des blessures graves, tant chez les détenus que chez les agents. Pour le RCS, l’unité d’intervention d’urgence constitue donc un outil essentiel pour garantir la sécurité, prévenir les violences et assurer le respect de la loi.

À travers cette unité, le Service Correctionnel du Rwanda réaffirme sa volonté de concilier sécurité, discipline et respect de la dignité humaine. Une approche qui illustre l’engagement du Rwanda en faveur d’un système correctionnel moderne, professionnel et fondé sur l’État de droit, où la force n’est utilisée qu’en dernier recours et toujours dans le cadre strict de la loi.

Ajouter un commentaire

Règles d’utilisation du forum

Dernières articles