Dans la matinée de ce mercredi, des réfugiés congolais vivant au Rwanda ont entamé une marche pacifique visant à dénoncer les discours de haine et de division tenus par certains hauts responsables de la République démocratique du Congo.
Cette manifestation s’est déroulée devant plusieurs ambassades situées dans la ville de Kigali, notamment celle des États-Unis, ainsi que devant des représentations d’organisations des Nations unies.
Il s’agissait d’une manifestation organisée par des représentants des réfugiés issus de différents camps, notamment Kiziba, Kigeme, Mugombwa, Mahama, Nkamira et Nyabiheke.
Munis de pancartes, les manifestants demandaient au gouvernement de la RDC de mettre fin à la discrimination et aux massacres perpétrés contre les Congolais de l’ethnie tutsi.
Faustin Nkanika, originaire du camp de réfugiés de Mahama, situé dans la province de l’Est, district de Kirehe, a expliqué que la marche avait débuté à l’ambassade des États-Unis et qu’ils comptaient faire parvenir leur message à toutes les ambassades présentes au Rwanda.
Les manifestants sont restés longtemps devant l’ambassade des États-Unis, où ils ont dénoncé les propos incitant à la haine et à la discrimination contre les Tutsi, tenus à la télévision nationale par le porte-parole des Forces armées de la RDC (FARDC), le général-major Sylvain Ekenge.
Ces propos ont été tenus lors de l’émission Special Plateau diffusée samedi sur la RTNC. Toutefois, dans la nuit de dimanche, l’émission a été retirée de la plateforme YouTube.
Selon les manifestants, ce discours de haine diffusé sur la télévision nationale de la RDC est à l’origine de la mobilisation des réfugiés congolais provenant de différents camps au Rwanda, qui ont manifesté à Kigali, en particulier devant les ambassades.
« Lorsqu’il s’est adressé à la nation par le biais d’un média public pour dire aux Congolais qu’ils ne devaient pas se marier avec des femmes tutsies, cela illustre la poursuite de la marginalisation, de la stigmatisation et de la criminalisation dont nous sommes victimes, comme si nous étions une injure, des personnes indignes de vivre avec les autres. C’est pour cette raison que nous avons décidé de nous rendre dans les ambassades afin d’exprimer notre souffrance », a déclaré Faustin Nkanika.
Les réfugiés congolais affirment que ces discours des autorités de la RDC ouvrent la voie à un génocide contre les Congolais parlant le kinyarwanda, un génocide qui, selon eux, est déjà en cours de manière silencieuse.
« Quand quelqu’un s’exprime sur un média national, il ne reste plus rien à cacher. Il ne s’agit plus que de rendre le génocide public, car en réalité il est déjà en cours : il n’y a pas un seul moment où un Tutsi n’est pas tué au Congo », a-t-il ajouté.
Les manifestants appellent la communauté internationale à rendre justice et à les défendre.
« Le fait que cet individu tienne de tels propos sans être poursuivi en justice montre clairement que nos problèmes continuent d’être ignorés », ont-ils conclu.