Les gouvernements ougandais et tanzanien ont annoncé que les premières exportations de pétrole brut provenant des champs pétrolifères de l’Ouganda, via l’oléoduc de pétrole brut d’Afrique de l’Est (EACOP), débuteront en octobre de cette année. À la fin du mois de décembre 2025, le projet était achevé à 79 %.
Les ministres de l’Énergie des deux pays ont fait cette annonce le 5 janvier, lors d’une réunion de haut niveau des parties prenantes à Dar es-Salaam, consacrée à l’examen de l’état d’avancement du projet et à la coordination en vue des premières exportations pétrolières de l’Ouganda.
Selon le media The Eastafrican, l’évaluation a porté sur la construction de l’oléoduc, les installations en surface, le terminal maritime de Tanga ainsi que les infrastructures de soutien.
Les responsables ont indiqué que les travaux ont atteint leur pic d’activité et restent en bonne voie pour une mise en service opérationnelle d’ici le 31 juillet 2026.
Le projet suscite des critiques de la part de groupes de défense de l’environnement et des droits humains, qui le qualifient de risque climatique et affirment qu’il a entraîné le déplacement de dizaines de milliers de propriétaires fonciers le long de son tracé de 1 443 kilomètres, reliant le bassin du lac Albert en Ouganda à la péninsule de Chongoleani, près du port de Tanga en Tanzanie.
La ministre ougandaise de l’Énergie, Ruth Nankabirwa, a reconnu ces critiques, mais a souligné que le fort soutien politique et la coopération entre les deux gouvernements ont permis de sécuriser le financement et de maintenir la dynamique de construction.
L’EACOP est le plus long oléoduc chauffé au monde, fonctionnant à une température de 50 °C afin de transporter le pétrole brut cireux de l’Ouganda. À pleine capacité, il pourra acheminer jusqu’à 230 000 barils de pétrole par jour vers Tanga, où le brut sera chargé sur des pétroliers pour l’exportation.
Les partenaires de la coentreprise ougandaise, TotalEnergies et CNOOC, affirment que l’EACOP ainsi que les projets en amont de Tilenga et Kingfisher ont été conçus pour maîtriser les émissions de carbone.
Ils prévoient d’alimenter environ 80 % des besoins électriques de l’oléoduc grâce à des installations solaires le long du tracé, les 20 % restants provenant du réseau électrique, plutôt que de sources de production à base de combustibles fossiles.