FDLR, FARDC et mercenaires : Kigali dénonce une réalité parallèle fabriquée en RDC
Régional

FDLR, FARDC et mercenaires : Kigali dénonce une réalité parallèle fabriquée en RDC

La Nouvelle Releve

January 9, 2026

De nouveaux éléments contenus dans un rapport des Nations unies publié le 30 décembre 2025 mettent en lumière la persistance d’un partenariat militaire entre les Forces armées de la République démocratique du Congo, le groupe terroriste FDLR, les milices Wazalendo ainsi que des mercenaires étrangers engagés dans l’est du pays. Ces révélations confirment l’existence d’un système de guerre structuré reposant sur des forces négatives, en contradiction avec les engagements régionaux et internationaux pris par Kinshasa.

Selon ce rapport, les groupes Wazalendo et le FDLR continuent d’opérer dans plusieurs territoires du Nord-Kivu, notamment à Masisi, Rutshuru, Nyiragongo et Walikale, y compris dans les périphéries de la ville de Goma. Leur présence s’accompagne d’un soutien logistique et financier régulier fourni par l’État congolais, comprenant des armes, des munitions, des uniformes, des vivres ainsi que des transferts mensuels estimés à près de 300 000 dollars américains. Les experts onusiens indiquent également que les FARDC ont, à plusieurs reprises, appuyé ces groupes par des frappes aériennes et des opérations conjointes au sol contre l’Alliance AFC/M23.

Le rapport souligne par ailleurs le recours continu aux mercenaires étrangers par les autorités congolaises. Après le retrait, début 2025, de sociétés européennes engagées aux côtés des FARDC, Kinshasa a recruté d’anciens mercenaires algériens chargés de l’opération de drones de combat de type CH-4, largement utilisés après de lourdes pertes humaines au sein de l’armée congolaise. La ville de Kisangani est désormais identifiée comme un centre logistique majeur pour les opérations militaires dans les deux Kivu et comme un nouveau point de regroupement de mercenaires étrangers, notamment originaires d’Amérique centrale.

Ces révélations interviennent dans un contexte de forte détérioration du climat sécuritaire et politique en RDC, marqué par la montée des discours de haine à caractère ethnique et l’intensification des bombardements des FARDC contre des zones civiles dans l’est du pays. C’est dans ce contexte que le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a dénoncé ce qu’il qualifie d’entreprise de falsification de la réalité par certains responsables onusiens.

Le chef de la diplomatie rwandaise souligne qu’au moment où les discours de haine contre les Tutsi et une idéologie étatique du génocide se renforcent en RDC, véhiculés aussi bien par des officiels gouvernementaux que par la télévision nationale RTNC, et au moment où les bombardements des FARDC contre les populations civiles, y compris les Congolais tutsi, s’intensifient, un petit groupe de cinq fonctionnaires des Nations unies, qui n’ont d’experts que le nom, s’emploie à fabriquer une réalité parallèle en prenant fait et cause pour les génocidaires du FDLR, pourtant au cœur des Accords de Washington qui prévoient leur neutralisation.

Pour Kigali, cette posture affaiblit les efforts régionaux et internationaux visant à éradiquer le FDLR, un groupe armé fondé par les auteurs du génocide contre les Tutsi de 1994, et compromet sérieusement les perspectives de paix durable dans la région des Grands Lacs. Le Rwanda estime que la communauté internationale ne peut continuer à financer indirectement, par le biais de certains mécanismes onusiens, des forces qui contribuent à la perpétuation de la violence et de l’instabilité.

Dans ce contexte, le ministre Olivier Nduhungirehe affirme que la RDC dispose déjà de suffisamment de forces négatives sur son territoire pour que le contribuable des États membres des Nations unies continue d’en entretenir une autre, appelant à une relecture responsable et rigoureuse de la situation sécuritaire réelle dans l’est du Congo.

Ajouter un commentaire

Règles d’utilisation du forum

Dernières articles