Des images récemment diffusées montrent un important groupe de combattants africains, présentés comme originaires d’Ouganda, évoluant sur un champ de bataille hivernal, vraisemblablement situé dans l’est de l’Ukraine, où les forces russes intensifient leur offensive pour prendre le contrôle total de la région.
Sur la vidéo, les hommes chantent des chants militaires ougandais, notamment ceux issus de la guérilla de la National Resistance Army (NRA) durant la guerre de brousse de 1980 à 1986, qui avait conduit à l’accession au pouvoir du président Yoweri Museveni. L’un des combattants est également entendu prononçant le mot « Kaweddemu », une expression en luganda couramment utilisée pour signifier qu’une situation est terminée.
Selon le média Chimpreports, ces images soulèvent de nombreuses interrogations sur les conditions de recrutement et de déploiement de ces combattants, ainsi que sur le degré de connaissance ou d’implication éventuelle du gouvernement ougandais dans leur présence sur le théâtre des opérations en Europe de l’Est.
Par ailleurs, les forces ukrainiennes de la 63ᵉ brigade mécanisée ont récemment annoncé la capture d’un ressortissant ougandais, Richard Akantorana, qui affirme avoir été contraint de combattre aux côtés des forces russes.
Dans une vidéo enregistrée après sa capture, Akantorana explique avoir contracté un prêt auprès d’une coopérative d’épargne afin de financer son voyage en Russie, après s’être vu promettre des emplois bien rémunérés dans des supermarchés, des usines ou comme agent de sécurité aéroportuaire. Il affirme qu’à son arrivée à Balachikha, il n’aurait eu que deux options : signer un contrat avec l’armée russe ou être exécuté.
Né en 1982, marié et père de deux enfants, Akantorana déclare avoir travaillé auparavant comme agent d’entretien dans un supermarché et occasionnellement comme conducteur de moto-taxi. Il affirme que lui et trois autres personnes ont été contraints, sous la menace d’armes, de signer des documents les engageant dans les forces armées russes.
Sur le plan militaire, le président russe Vladimir Poutine a récemment réitéré son ultimatum exigeant le retrait des forces ukrainiennes de la région du Donbass, faute de quoi la Russie s’en emparerait par la force. Moscou contrôlerait actuellement environ 85 % de cette région stratégique, envahie lors du déclenchement de l’offensive russe en février 2022.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a pour sa part exclu toute concession territoriale. Alors que les combats s’intensifient sur la ligne de front, les initiatives diplomatiques, notamment celles portées par le président américain Donald Trump, peinent pour l’instant à ouvrir une issue crédible au conflit.