La Commission ougandaise des communications (UCC) a ordonné à tous les opérateurs de réseaux mobiles et fournisseurs d’accès à internet agréés de suspendre temporairement l’accès public à internet à compter du 13 janvier 2026 à 18 h 00, invoquant des préoccupations liées à la désinformation et aux menaces pour la sécurité nationale à la veille des élections prévues jeudi.
La suspension concerne également la vente et l’enregistrement de nouvelles cartes SIM, ainsi que l’itinérance des données sortantes vers les pays de la zone « One Network Area ».
Selon l’UCC, cette directive fait suite à une forte recommandation du Comité interinstitutionnel de sécurité.
« Cette mesure est nécessaire pour limiter la propagation rapide de la mésinformation, de la désinformation, des fraudes électorales et des risques connexes, ainsi que pour prévenir l’incitation à la violence susceptible de porter atteinte à la confiance du public et à la sécurité nationale durant la période électorale », a déclaré le directeur exécutif de l’UCC, Nyombi Thembo, dans un communiqué publié mardi.
M. Thembo a ajouté que les opérateurs sont tenus de bloquer tout trafic internet public non essentiel, y compris les plateformes de réseaux sociaux, la navigation web, le streaming vidéo, les services de messagerie électronique personnelle et les applications de messagerie, sur l’ensemble des supports : internet mobile, fibre optique, lignes louées, accès sans fil fixe, liaisons radio micro-ondes et services internet par satellite.
Afin de garantir le fonctionnement des services critiques, l’UCC a indiqué avoir établi une liste d’exemptions strictement définie pour les services internet non mobiles.
« L’accès à ces systèmes exemptés doit être strictement réservé au personnel autorisé et mis en œuvre au moyen de mécanismes sécurisés et préalablement autorisés, tels que des plages d’adresses IP dédiées, des VPN ou des circuits privés », précise le communiqué.
L’agence a averti que tout abus de ces systèmes entraînera leur suspension immédiate.
La liste des exemptions couvre les services publics essentiels et les infrastructures critiques, notamment les systèmes de santé des hôpitaux nationaux de référence, les services financiers tels que les réseaux bancaires centraux, les systèmes de transferts interbancaires, les distributeurs automatiques de billets, les plateformes de paiement des impôts, les passerelles de paiement gouvernementales, entre autres.
L’UCC a indiqué que les opérateurs incapables de mettre en œuvre cette directive devront fermer l’ensemble de leur infrastructure internet pour toute la durée de la suspension. Elle a averti que tout manquement entraînera de lourdes sanctions, notamment des amendes et une possible suspension de licence.
Enfin, l’UCC a souligné que les services ne seront rétablis qu’après réception d’une notification écrite explicite, et qu’un plan de rétablissement progressif sera communiqué à l’ensemble des opérateurs.