Mission en RDC : comment des soldats de la SADC ont été abandonnés et trahis
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Mission en RDC : comment des soldats de la SADC ont été abandonnés et trahis

La Nouvelle Releve

January 14, 2026

La mission de la SADC en République démocratique du Congo (SAMIDRC), déployée pour soutenir les Forces armées de la RDC (FARDC) face au M23, est aujourd’hui au cœur de graves interrogations. Le témoignage poignant d’un soldat de la South African National Defence Force (SANDF) révèle une succession de défaillances, de manipulations et d’abandons qui ont profondément marqué les troupes engagées.

Un cessez-le-feu bafoué et une coordination inexistante

Selon ce témoignage, les soldats de la SADC opéraient dans un contexte censé être régi par des arrangements de cessez-le-feu. Pourtant, sur le terrain, ces engagements se sont révélés fragiles, voire inexistants. À Goma, des combattants du M23 sont parvenus à pénétrer dans une base où se trouvaient des éléments de la SANDF.

Face à une situation chaotique et à de lourdes pertes, une campagne de désinformation a rapidement émergé. Le M23 a tenté d’imposer le récit selon lequel les soldats sud-africains se seraient rendus, une version formellement rejetée par les militaires concernés, qui dénoncent une narration mensongère destinée à masquer l’échec de la coordination militaire, notamment du côté des FARDC.

Des soldats livrés à eux-mêmes sur le champ de bataille

Sur le terrain, les soldats de la SADC affirment avoir été confrontés à des situations extrêmes, aggravées par le manque de soutien, de renseignement fiable et de coordination avec leurs alliés congolais. Le sentiment dominant est celui d’avoir été envoyés en première ligne sans une stratégie claire, ni protection adéquate.

Pour beaucoup, cette mission n’a pas seulement été marquée par les combats, mais aussi par l’impression d’avoir été utilisés comme boucliers dans une guerre qui n’était ni maîtrisée ni assumée collectivement.

Le choc du retour : abandon institutionnel

Le retour en Afrique du Sud n’a pas apporté le réconfort attendu. Selon le soldat interrogé, l’accompagnement psychologique s’est limité à une séance de conseil d’environ trente minutes, largement insuffisante au regard des traumatismes vécus. Aucune prise en charge durable, aucune reconnaissance publique significative n’a suivi.

À ce jour, aucun défilé de médailles n’a été organisé pour les membres de la SAMIDRC. Pour les soldats, cette absence de reconnaissance symbolise l’indifférence de la hiérarchie militaire et politique à leur sacrifice.

Une double trahison

Pour ces militaires, le sentiment de trahison est double. D’une part, sur le terrain, par une alliance opérationnelle défaillante avec les FARDC, marquée par un manque de transparence et de coordination. D’autre part, au retour, par leur propre institution, accusée de ne pas avoir pris au sérieux la santé mentale, la dignité et l’engagement de ses soldats.

« La SANDF a échoué envers les soldats déployés en RDC, et cela doit être corrigé », conclut le témoignage. Une affirmation qui relance le débat sur la responsabilité des États contributeurs de troupes, la gestion des missions régionales et le devoir de protection et de reconnaissance envers ceux qui sont envoyés au front au nom de la paix et de la sécurité régionales.

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