La Chambre des représentants des États-Unis a adopté tard lundi un projet de loi visant à prolonger l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), un programme de préférences commerciales qui accorde un accès en franchise de droits aux pays éligibles d’Afrique subsaharienne depuis 2000, jusqu’au 31 décembre 2028.
La Chambre a approuvé l’« AGOA Extension Act » par 340 voix contre 54, sur un total de 394 votants. Le texte est désormais transmis au Sénat.
Si le Sénat adopte la mesure, celle-ci rétablira l’accès en franchise de droits pour un large éventail de produits en provenance des pays d’Afrique subsaharienne éligibles. Elle permettra également le remboursement des droits de douane acquittés sur les importations issues de ces pays et entrées aux États-Unis après le 30 septembre 2025, et avant l’entrée en vigueur de la loi.
L’AGOA avait expiré le 1er octobre 2025, alors que l’administration Trump mettait en place de nouveaux droits de douane. Le projet de loi ne précise toutefois pas si le programme renouvelé protégerait les exportations éligibles contre les tarifs imposés directement par la Maison-Blanche.
Des incertitudes persistent également quant à l’éligibilité de l’Afrique du Sud. Le pays entretient des relations tendues avec l’administration Trump, qui accuse Pretoria de cibler les citoyens blancs. Washington a par ailleurs critiqué la première économie industrialisée du continent africain pour ses liens étroits avec des rivaux des États-Unis, tels que la Chine, la Russie et l’Iran.
Des parlementaires ont récemment souligné la « proximité » de l’Afrique du Sud avec ces pays, notamment après la participation de la Chine, de la Russie et de l’Iran à des exercices navals au large des côtes sud-africaines.
Lancé en mai 2000, l’AGOA accorde un accès en franchise de droits au marché américain pour plus de 1 700 produits provenant de pays d’Afrique subsaharienne éligibles.
Washington réexamine chaque année l’éligibilité des pays, en fonction de leur engagement en faveur de l’économie de marché, du respect de l’État de droit et de leurs efforts de réduction de la pauvreté. Les avancées — ou les reculs — démocratiques sont également pris en compte.