Le retrait volontaire et de bonne foi de l’AFC/M23 de la ville d’Uvira, présenté comme un geste en faveur des efforts de paix, a été immédiatement suivi par l’entrée des milices Wazalendo. Ce que le mouvement avait redouté et annoncé dans un communiqué officiel est désormais une réalité tragique : règlements de comptes, pillages massifs, chasse à l’homme, tueries ciblées et déplacements forcés de civils, notamment au sein de la communauté tutsie Banyamulenge.
Dans son communiqué, l’AFC/M23 avait pourtant alerté sur les risques sécuritaires liés à un retrait non encadré et proposé des mesures d’accompagnement afin de protéger les civils et les biens. Ces avertissements n’ont pas été entendus. Aujourd’hui, le chaos annoncé s’est installé.
Selon plusieurs sources locales, des civils pilleurs, encadrés par des éléments Wazalendo, s’en prennent spécifiquement aux maisons appartenant à des Tutsi. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des assaillants criant : « Ne laissez rien dans ces maisons des Rwandais ». Une église perçue comme majoritairement fréquentée par des fidèles tutsis a déjà été pillée, et au moins cinq civils ont été tués.
La situation est d’autant plus préoccupante que les Wazalendo sont récemment revenus à Uvira, faisant craindre des représailles contre des civils accusés d’avoir soutenu ou exprimé de la sympathie envers l’AFC/M23. Les risques de nouvelles violences, notamment des pillages, des meurtres et des viols, sont élevés.
Face à cette spirale de violence, une question demeure : qui portera la responsabilité de ce chaos devant l’histoire ?
La responsabilité est collective , celle de Kinshasa, de la communauté internationale restée passive, et de l’AFC/M23 pour non-assistance à des personnes en danger après son retrait.
Alors que le destin de milliers de civils est en péril, l’inaction n’est plus acceptable. Les alertes étaient connues, les scénarios prévisibles. Le silence et l’inaction d’aujourd’hui risquent de devenir les complicités de demain.