L’intégration des combattants de l’AFC/M23 au sein des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) constitue un élément clé des efforts visant à mettre fin au conflit prolongé dans l’est de la RDC, a déclaré la secrétaire d’État adjointe américaine aux Affaires africaines, Sarah Troutman.
Mme Troutman a tenu ces propos le jeudi 22 janvier, lors de son audition devant la sous-commission Afrique de la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, à l’occasion d’une session intitulée « Promouvoir la paix en RDC et au Rwanda à travers les Accords de Washington du président Trump ».
Elle a indiqué que la question de l’intégration des combattants de l’AFC/M23 dans l’armée congolaise sera abordée dans le cadre des négociations de paix en cours entre le gouvernement de la RDC et les rebelles de l’AFC/M23 à Doha, au Qatar.
Le mouvement AFC/M23 est composé de rebelles congolais qui ont pris les armes contre le gouvernement depuis plusieurs décennies, invoquant des griefs liés à la gouvernance, notamment les violences ethniques ainsi que l’exclusion politique et sociale.
Ces revendications concernent principalement les communautés tutsis congolaises, qui ont été prises pour cible sur la base d’une idéologie ethnique alimentée par les FDLR, un groupe fondé par des éléments issus des auteurs du génocide contre les Tutsi de 1994 au Rwanda.
« Il s’agit d’un aspect crucial du processus de Doha et d’un sujet qui sera approfondi lors des prochaines négociations », a déclaré Mme Troutman à propos de l’intégration des rebelles dans les forces armées congolaises.
« Nous soutenons pleinement les efforts du Qatar pour organiser ces discussions, et les États-Unis continueront à fournir un appui technique tout au long du processus de négociation », a-t-elle ajouté.
Elle faisait référence au processus de paix piloté par le Qatar, lancé en avril 2025 afin de compléter le dialogue facilité par Washington entre le Rwanda et la RDC, lequel vise à résoudre les problèmes de sécurité persistants entre les deux pays.
Le député américain Ronny Jackson a estimé qu’il serait difficile de mettre fin au conflit en l’absence d’un plan clair et structuré de réintégration des combattants.
« Je ne pense pas qu’ils (les membres de l’AFC/M23) vont déposer les armes et se mettre à cultiver le lendemain », a déclaré M. Jackson.
« Il doit y avoir des efforts concertés de la part de la RDC pour prendre les membres congolais du M23 et les intégrer dans le dispositif sécuritaire national, que ce soit en leur permettant de rejoindre l’armée ou d’autres structures. Il faut impérativement un plan en ce sens. »
Le processus de Doha repose sur un dialogue direct entre le gouvernement congolais et les rebelles, avec pour objectif de s’attaquer aux causes profondes du conflit et de jeter les bases d’une solution durable.
En avril de l’année dernière, Doha a accueilli les premières négociations de paix directes entre les deux parties depuis l’éclatement du conflit à la fin de l’année 2021.
Malgré la conclusion d’accords importants, notamment la Déclaration de principes du 19 juillet, un accord de cessez-le-feu et le cadre de paix de Doha, cette initiative n’a pas encore produit de résultats concrets sur le terrain, les combats se poursuivant.