Le chef de l’armée ougandaise Muhoozi Kainerugaba s’est félicité vendredi de la mort de 30 membres de l’opposition et de l’arrestation de 2 000 de leurs partisans.
« Jusqu’à présent, nous avons tué 30 terroristes de la NUP » (la Plateforme d’unité nationale, parti de l’opposant Bobi Wine), a déclaré tôt vendredi sur X le fils du président. « Nous avons arrêté plus de 2.000 voyous que Kabobi (surnom qu’il donne à M. Wine) pensait utiliser », a ajouté M. Kainerugaba.
Le chef de l’armée, également fils du président Yoweri Museveni, est connu pour ses publications incendiaires sur les réseaux sociaux et ne cache pas son ambition de succéder à son père. En début de semaine, il était sorti d’un silence observé tout le long de la campagne sur X, affirmant vouloir la mort de Bobi Wine.
La semaine dernière, Yoweri Museveni a remporté un septième mandat présidentiel consécutif, selon la commission électorale, à l’issue d’un scrutin critiqué par des observateurs et des ONG qui ont notamment pointé le blocage d’internet pendant plusieurs jours et la répression de l’opposition.
Le principal adversaire de M. Museveni, Bobi Wine (de son vrai nom Robert Kyagulanyi), un ancien chanteur de raggamuffin âgé de 43 ans, a pris la fuite après un raid des forces de sécurité sur son domicile au lendemain des élections, dont il a dénoncé des résultats « truqués ».
L’Union européenne a exprimé son inquiétude vendredi, déplorant « les violences et les menaces pré- et post-électorales, en particulier contre le chef de l’opposition, Robert Kyagulanyi. »
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a déclaré jeudi qu’il suivait « avec préoccupation la situation post-électorale en Ouganda, notamment les informations faisant état d’arrestations, de détentions et d’incidents violents impliquant des personnalités de l’opposition et leurs partisans ».