L’éminent homme politique de l’opposition kényane, Rigathi Gachagua, a affirmé qu’une tentative d’assassinat contre sa personne a eu lieu dans une église dimanche.
Gachagua, qui a été destitué de son poste de vice-président en 2024 à l’issue d’une procédure de mise en accusation, a déclaré qu’un groupe de policiers avait fait irruption dans une église de la ville d’Othaya, dans le comté de Nyeri, au centre du pays, en utilisant des balles et des gaz lacrymogènes.
Sans fournir de preuves, il a accusé le président kényan William Ruto, autrefois son allié proche, d’avoir ordonné cette opération.
Le président Ruto n’avait pas réagi dans l’immédiat, mais le ministre de l’Intérieur, Kipchumba Murkomen, a condamné ces violences, affirmant qu’elles ne sauraient être tolérées.
La police a indiqué qu’une enquête avait été ouverte, ajoutant qu’aucune blessure n’avait été officiellement signalée.
Selon les informations communiquées à la police, une grenade lacrymogène aurait été lancée dans l’église anglicane Saint-Peter aux environs de 11 heures (heure du Kenya), perturbant les prières.
La police a également précisé que plusieurs véhicules auraient été endommagés dans l’enceinte de l’église et a appelé les témoins à fournir toute information utile.
Gachagua, un riche homme d’affaires originaire de la région du mont Kenya — située au centre du pays — et aujourd’hui l’un des plus virulents critiques du président Ruto, a indiqué que son service de sécurité l’avait rapidement évacué vers un lieu sûr.
William Ruto et Rigathi Gachagua avaient été élus ensemble en 2022 sur un même ticket présidentiel. Leur alliance avait largement contribué à la victoire de Ruto, notamment grâce au soutien massif obtenu dans la région du mont Kenya, bastion de la communauté kikuyu, le groupe ethnique le plus important parmi l’électorat kényan.
Conformément à la Constitution kényane, la condamnation de Gachagua par le Sénat, qui a conduit à sa destitution, l’empêche d’occuper à nouveau une fonction publique. Il a toutefois nié les 11 chefs d’accusation retenus contre lui, dont cinq ont été jugés fondés, notamment l’incitation à la haine ethnique et la violation de son serment constitutionnel.
Malgré cela, l’homme politique maintient son intention de se présenter à l’élection présidentielle prévue l’année prochaine, affirmant que la procédure d’appel est en cours et que la Cour suprême ne s’est pas encore prononcée sur sa destitution.