Ethiopian Airlines a annulé jeudi ses vols à destination du Tigré, tandis que des habitants de cette région du nord de l’Éthiopie se sont précipités dans les banques pour tenter de retirer de l’argent, après des affrontements entre forces régionales et nationales qui ont ravivé la crainte d’un nouveau conflit.
L’armée nationale éthiopienne a combattu pendant deux ans, jusqu’à la fin de l’année 2022, les forces du Front populaire de libération du Tigré (TPLF), dans un conflit qui, selon des chercheurs, a fait des centaines de milliers de morts en raison des violences directes, de l’effondrement du système de santé et de la famine.
Des affrontements ont éclaté plus tôt cette semaine dans l’ouest du Tigré, une zone disputée, selon des sources diplomatiques et gouvernementales.
« À compter d’aujourd’hui, tous les vols ont été annulés », a déclaré à Reuters un responsable de la compagnie aérienne nationale éthiopienne, sans en préciser la raison.
Un habitant de Mekele, la capitale du Tigré, a indiqué que des centaines de personnes ont commencé à faire la queue jeudi pour retirer de l’argent, mais que de nombreuses banques étaient à court de liquidités.
« Je me suis rendu dans trois agences de la Commercial Bank of Ethiopia pour retirer de l’argent, mais on m’a dit qu’elles n’avaient plus de cash… J’ai vérifié tous les distributeurs automatiques de la ville, mais ils étaient tous vides », a-t-il raconté.
Un autre habitant de Mekele, un homme de 26 ans, a confié à Reuters qu’il avait tenté en vain d’envoyer un colis par avion à sa sœur, qui vit à Addis-Abeba.
« On m’a dit que les vols étaient annulés à partir de ce matin. Il y a aussi une pénurie de liquidités », a-t-il expliqué, ajoutant qu’il avait essayé de retirer de l’argent à un distributeur, mais que la plupart ne fonctionnaient pas.
La guerre du Tigré s’est achevée par un accord de paix signé en novembre 2022, mais des désaccords persistent sur plusieurs sujets, notamment les territoires contestés de l’ouest du Tigré et le désarmement tardif des forces tigréennes.
Une source diplomatique a indiqué à Reuters que de brefs affrontements ont opposé cette semaine, dans l’ouest du Tigré, les forces nationales aux forces tigréennes.
Un haut responsable tigréen a déclaré que le gouvernement régional avait contacté Addis-Abeba pour obtenir des explications sur l’annulation des vols, sans recevoir de réponse.
De hauts responsables des gouvernements éthiopien et tigréen ont confié à Reuters qu’ils espéraient une désescalade des tensions.
L’ouest du Tigré est revendiqué à la fois par les régions Amhara et Tigré, bien qu’il soit actuellement contrôlé par les forces amhara et l’armée éthiopienne.