Le groupe rebelle AFC/M23 et le gouvernement de la République démocratique du Congo ont signé un mandat visant à opérationnaliser un mécanisme de suivi et de vérification du cessez-le-feu, afin de renforcer le processus de paix de Doha et d’apaiser les tensions dans l’est de la RDC.
Selon le communiqué publié par le ministère des Affaires étrangères du Qatar, la signature a eu lieu à Doha le lundi 2 février, à l’issue d’une réunion du Mécanisme de suivi et de vérification du cessez-le-feu, convoquée par l’État du Qatar, qui facilite les pourparlers entre les deux parties.
En vertu de ce mandat, les parties ont convenu d’autoriser le déploiement d’équipes de surveillance dirigées par la MONUSCO, en coordination avec la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), afin de vérifier le respect du cessez-le-feu et de rendre compte des violations.
Les deux parties ont également « convenu des prochaines étapes visant à renforcer l’efficacité du mécanisme et à assurer la tenue régulière de réunions dans ce cadre », réaffirmant leur engagement en faveur du cessez-le-feu et de l’Accord-cadre de Doha pour la paix signé le 15 novembre.
La réunion s’est tenue en présence de représentants des États-Unis et de l’Union africaine en tant qu’observateurs, le Togo y participant en sa qualité de facilitateur désigné par l’Union africaine.
Dans le cadre des prochaines étapes convenues, la MONUSCO a été chargée de déployer sa première mission de surveillance dans la ville stratégique d’Uvira, tandis que des canaux de communication ont été mis en place pour faciliter la coordination entre les parties conformément au mécanisme.
Selon le communiqué, ce déploiement aura lieu « dans les prochains jours ».
Depuis le 21 janvier, les rebelles ont exprimé leurs préoccupations concernant la décision du gouvernement de Kinshasa de couper les réseaux de télécommunications, une mesure qui a entravé la communication effective et rendu difficile l’évaluation de la situation sur le terrain à Uvira et dans les territoires environnants.
À la suite de leur retrait unilatéral d’Uvira en décembre dernier, les rebelles ont annoncé avoir placé la ville sous la responsabilité de la communauté internationale, appelant au déploiement de forces neutres en raison de menaces sécuritaires.
Cependant, après ce retrait, des violences ciblées auraient été signalées, attribuées à des forces alliées au régime de Kinshasa.
À Doha, les participants ont également convenu de tenir des réunions régulières dans le cadre du mécanisme afin d’évaluer les progrès réalisés et d’en renforcer l’efficacité au fur et à mesure de l’avancement du processus de paix.