Le président ougandais Yoweri Museveni a démis Jenifer Bamuturaki de ses fonctions de directrice générale d’Uganda Airlines, alors que le gouvernement s’engage dans une refonte de la direction de la compagnie aérienne publique, sur fond d’enquête en cours pour mauvaise gestion et irrégularités dans les marchés publics, selon plusieurs médias ougandais et des sources proches de la décision.
Selon la presse locale, la présidence envisagerait un remplaçant externe de premier plan : Girma Wake, ancien directeur général d’Ethiopian Airlines (2004–2011), largement reconnu pour avoir contribué à façonner la stratégie d’expansion durable de la compagnie éthiopienne.
Ce changement de direction intervient à la suite d’une enquête lancée début janvier par la Direction des enquêtes criminelles de l’Ouganda, en collaboration avec l’Unité anticorruption de la présidence.
Les enquêteurs auraient exigé un large éventail de documents relatifs aux achats, aux opérations bancaires, à la billetterie et aux contrats, y compris ceux liés à l’acquisition d’avions et aux accords avec les fournisseurs soutenant les opérations long-courriers.
Si Uganda Airlines et le gouvernement ont jusqu’ici présenté la compagnie comme un investissement stratégique de long terme destiné à soutenir le tourisme et la connectivité commerciale, l’enquête a renforcé l’examen public de sa gouvernance, de ses dépenses et de ses performances commerciales.
D’après certaines sources, Mme Bamuturaki avait déjà annoncé en interne une transition imminente, indiquant au personnel que le conseil d’administration publierait un appel à candidatures pour le poste de PDG et encourageant les employés qualifiés à postuler. Cela laisse entendre qu’un processus de recrutement formel est en préparation, alors même que la présidence étudie des options de direction externe.
Au 3 février, aucun communiqué public distinct du conseil d’administration d’Uganda Airlines n’avait officiellement confirmé le limogeage ni annoncé le nom d’un successeur, selon les mêmes sources.
L’intérêt prêté à Girma Wake s’inscrit dans une approche bien connue du secteur aérien africain : faire appel à des dirigeants ayant déjà développé avec succès une compagnie complexe grâce à la croissance de la flotte, à une stratégie de hub, à des alliances et à une discipline opérationnelle renforcée.
Le mandat de M. Wake à Ethiopian Airlines est souvent associé à la mise en place des fondations ayant permis l’ascension ultérieure du groupe vers l’un des systèmes aériens les plus performants du continent. Il a également occupé d’autres postes de direction dans le secteur aérien régional.
Si elle se confirmait, cette nomination aurait une portée à la fois politique et commerciale, symbolisant une tentative de « réinitialisation » d’Uganda Airlines sous la direction d’un dirigeant aérien de renommée internationale, à un moment de forte attention publique.
Les turbulences au sommet d’Uganda Airlines surviennent alors que la compagnie continue d’enregistrer des pertes persistantes, même si les recettes montrent des signes d’amélioration selon les commentaires récents d’audit relayés par les médias locaux.
Ainsi, le Daily Monitor indique que la perte nette de la compagnie s’est légèrement réduite sur la période la plus récente citée, tout en soulignant une augmentation des coûts et des dettes fournisseurs.
Sur le plan opérationnel, les ambitions long-courriers de la compagnie ont accru les enjeux. Uganda Airlines a lancé un vol direct entre l’aéroport international d’Entebbe et l’aéroport de Londres-Gatwick le 18 mai 2025 — une étape majeure pour l’aviation et le tourisme ougandais, mais aussi une liaison fortement capitalistique qui attire l’attention dans le contexte actuel des demandes de documents.