Le président Paul Kagame estime que les Nations unies et la soi-disant communauté internationale se dérobent à leurs responsabilités face à l’instabilité chronique qui sévit dans l’est de la République démocratique du Congo, en se retranchant derrière une identité collective floue et en traitant ce pays comme un enfant gâté.
Il s’est exprimé en ce sens le jeudi 5 février, lors du Conseil national de l’Umushyikirano au Kigali Convention Centre, où il s’est interrogé sur les raisons pour lesquelles les forces de l’ONU déployées en RDC ne sont pas tenues responsables de l’évaluation et de la neutralisation des groupes armés tels que les FDLR, préférant au contraire interpeller sans cesse le Rwanda.
Le chef de l’État rwandais a également critiqué les acteurs internationaux pour avoir minimisé la menace que représentent l’idéologie du génocide et les discours de haine en RDC. Il souligne que, même si certains membres des FDLR sont peu nombreux ou vieillissants, leurs idéologies sont continuellement relayées à travers des discours publics tenus par de hauts responsables congolais et absorbées par des millions d’auditeurs, dont certains sont ensuite recrutés au sein de groupes armés.
Selon lui, considérer cette menace comme insignifiante revient à ignorer la manière dont ce discours alimente des dangers réels et persistants pour la sécurité du Rwanda.
Le président Kagame rejette par ailleurs l’idée selon laquelle le Rwanda devrait simplement tolérer ces menaces au motif qu’il serait perçu comme un pays « fort ».
Il décrit une approche internationale qui, simultanément, crée des problèmes, en tient le Rwanda pour responsable, puis profère des menaces, au lieu de s’attaquer aux causes profondes.
« Ils ont été utiles. Mais ils le sont aussi en créant des problèmes pour nous. Ils aident d’un côté à résoudre les problèmes et, de l’autre, à en créer. Parfois, on se sent étouffé par ce genre de situation… Mais plutôt que d’être étouffé par tout cela, je préfère l’être en faisant preuve de défiance et en leur disant d’aller en enfer. Vous ne pouvez pas créer des problèmes pour moi, puis venir m’en rendre responsable et ensuite me menacer. Comment ? », s’est-il interrogé.
À ses yeux, le Congo est traité comme un « enfant gâté », protégé de toute responsabilité pour ses actes, tandis que le Rwanda est blâmé à la fois pour ses propres difficultés et pour les échecs de la RDC.
« Je leur dis : ne vous rendez-vous pas compte qu’en agissant ainsi, vous encouragez cette personne à ne pas chercher de solution à ses problèmes, ou à ceux qui existent entre nous et eux ? Vous traitez un pays, un président ou un gouvernement comme un enfant gâté ? », a-t-il ajouté.
Le Rwanda, conclut-il, est prêt à reconnaître et à résoudre ses propres problèmes, mais refuse de porter également le fardeau des erreurs des autres.