La coalition AFC/M23 a accusé la Commission de l’Union africaine (UA) de soutenir les violences commises par la coalition des Forces armées de la République démocratique du Congo (RDC).
Dans la nuit du 31 janvier au 1er février 2026, l’AFC/M23 a mené une attaque de drones contre une zone à usage militaire située à l’aéroport de Bangoka, à Kisangani, dans la province de la Tshopo.
Le 6 février, le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a fermement condamné cette attaque, exprimant son inquiétude face au fait qu’elle ait visé une infrastructure située dans une grande ville, ce qui pourrait mettre en danger la vie des populations civiles, constituant ainsi une violation du droit international.
Mahmoud Ali Youssouf a souligné que cette attaque, dirigée contre une infrastructure aéroportuaire située dans un centre urbain majeur et exposant gravement les populations civiles, constitue une violation grave du droit international humanitaire, notamment des principes de distinction, de proportionnalité et de précaution.
Il a rappelé qu’en l’absence de preuves établissant de manière objective le caractère strictement militaire de la cible, une telle infrastructure conserve sa présomption de bien civil et bénéficie, à ce titre, d’une protection pleine et entière en vertu du droit international.
Le Président de la Commission africaine a mis en garde contre l’élargissement du théâtre des hostilités à des villes éloignées des lignes de front, ce qui constitue un facteur majeur d’escalade et fait peser des risques inacceptables sur la stabilité nationale et régionale, ainsi que sur la situation humanitaire déjà critique dans l’est de la République démocratique du Congo.
Le secrétaire permanent de l’AFC/M23, Benjamin Mbonimpa, a rappelé à Mahmoud que la coalition des forces armées de la RDC mène depuis longtemps des attaques de drones contre leurs positions ainsi que contre des civils dans des zones telles que Minembwe, Kalehe, Masisi et Rutshuru.
Mbonimpa a déclaré que cette opération visait de neutraliser exclusivement des moyens militaires et n’a cause aucune perte civile et avait pour objectif de protéger les populations innocentes tout en faisant repecter le cessez-le-feu consacré par l’Accord de Doha.
L’AFC/M23 estime que la condamnation de cette action défensive sans enquête préalable place la Commission de l’UA dans une posture partiale et soulève des interrogations quant à sa capacité à conduire les pourparlers de paix visant à résoudre la crise en RDC.
“En condamnant cette action defensive sans enquête préalable ni réquisitions d’informations contardictoires, la Commission de l’Union africaine, adopte une posture déséquilibrée qui remet en question son impartialité dans le Processus de paix qu’elle censé de piloter. Elle se positionne de fait en défenseur d’un régime auteur de violences graves contre les civiles plutôt qu’aux côtés des victims”, peut-on lire dans un communiqué de l’AFC/M23 du 6 février.