Le Procureur général militaire, le colonel Charles Sumanyi, a annoncé que le général de brigade Ezechiel Gakwerere, ancien secrétaire général du groupe terroriste FDLR, se trouve toujours entre les mains des services de sécurité et sera prochainement traduit en justice.
S’exprimant ce 9 février 2026 lors d’une rencontre avec les médias marquant le lancement de la semaine de lutte contre la corruption dans le système judiciaire, qui a réuni différents acteurs du secteur de la justice, le colonel Sumanyi a précisé que les préparatifs en vue de sa comparution devant la justice militaire sont en cours.
« Il occupait un poste de très haut niveau au sein des FDLR et détient de nombreuses informations sur leurs activités passées et actuelles. Les services de sécurité poursuivent encore certains interrogatoires. Dans un délai qui n’est ni long ni indéfini, il sera présenté devant la justice militaire. Comme vous le savez, nos procès sont publics et toute personne intéressée pourra les suivre », a-t-il déclaré.
Le général de brigade Gakwerere, qui occupait le troisième rang dans la hiérarchie dirigeante des FDLR, a été arrêté dans la ville de Goma en janvier 2025. Il a ensuite été remis aux autorités rwandaises le 1er mars 2025 par les combattants de la coalition AFC/M23, opposée au gouvernement de la République démocratique du Congo.
Au moment de sa remise au Rwanda, Gakwerere avait déclaré à la presse être originaire de l’ancienne préfecture de Kigali-Ngali, et résider actuellement à Kanyinya, dans le secteur de Shyorongi.
Lors du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994, Gakwerere détenait le grade de lieutenant et faisait partie des militaires affectés à l’École des sous-officiers (ESO) de Butare. Il était considéré comme un élément de confiance par le capitaine Ildephonse Nizeyimana, alors commandant adjoint de cette école.
Selon plusieurs sources, le brigadier général Gakwerere aurait été chargé de diriger des recrues dites de la « New Formula », impliquées dans le massacre de nombreux Tutsi aux barrières routières et dans d’autres lieux de l’ancienne préfecture de Butare.
Il figure également parmi les militaires envoyés par le capitaine Nizeyimana au domicile de la reine Rosalie Gicanda, le 20 avril 1994, où elle a été assassinée. Gakwerere est en outre soupçonné d’implication dans la mort de Jean-Baptiste Habyarimana, ancien préfet de Butare.
Sa comparution prochaine devant la justice est attendue comme une étape majeure dans la lutte contre l’impunité des responsables de crimes graves liés au génocide et aux activités des groupes armés opérant dans la région des Grands Lacs.