La Tanzanie a présenté ses plans d’extension de son réseau ferroviaire vers l’Ouganda, afin d’offrir à son voisin enclavé un accès facilité à l’océan Indien pour le transport de marchandises.
Ce projet, validé par la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan et son homologue ougandais Yoweri Museveni lors d’entretiens le week-end passé à Dar es Salaam, prévoit deux axes majeurs : le prolongement de la ligne à écartement standard (SGR) tanzanienne vers l’Ouganda via Lusahunga, et la construction d’une ligne distincte reliant Tanga à Musoma, sur les rives du lac Victoria.
« L’extension de la SGR, qui relie déjà le port sec d’Isaka au Burundi et à la République démocratique du Congo, inclura désormais un tronçon vers Lusahunga. De là, nous avons sollicité nos collègues ougandais pour poursuivre les travaux jusqu’à la frontière de Murongo, puis à l’intérieur de leur territoire », a déclaré la présidente Samia samedi, à l’issue de la rencontre au palais présidentiel.
La Tanzanie s’est également engagée à accélérer la construction de la ligne Tanga–Musoma, inscrite parmi les projets prioritaires du manifeste 2025-2030 du parti au pouvoir, le Chama Cha Mapinduzi (CCM).
« Cela permettra à l’Ouganda d’acheminer ses marchandises directement à Tanga par le lac, et vice versa, sans difficulté majeure. Les Ougandais nous ont exprimé toute leur gratitude à ce sujet », a précisé la présidente lors d’un point de presse conjoint.
Museveni a effectué cette visite de travail d’une journée le 7 février pour renforcer les liens bilatéraux, dans un contexte post-électoral où les deux dirigeants ont été maintenus au pouvoir malgré certaines controverses.
Le président ougandais a souvent soutenu que le développement économique de son pays était freiné par l’absence d’accès direct à la mer, contrairement à ses voisins de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), le Kenya et la Tanzanie.
Les deux chefs d’État ont par ailleurs fixé à juillet prochain le lancement officiel des opérations de l’Eacop. Cet oléoduc de 1 443 kilomètres transportera le pétrole brut de Kabaale-Hoima (Ouganda) jusqu’à Chongoleani, près de Tanga, pour l’exportation.
D’autres accords de principe ont été conclus, notamment sur la levée des barrières non tarifaires, l’amélioration des liaisons maritimes sur le lac Victoria entre Mwanza et Entebbe aiinsi que le développement de projets énergétiques communs, tel qu’un gazoduc transfrontalier de gaz propre.
Museveni a souligné que les nations africaines devaient coopérer pour protéger leur souveraineté économique : « Nous devons avancer et ne pas rester dans l’état où nous étions avant l’indépendance. En même temps, nous ne devons pas agir avec arrogance. Les grandes puissances peuvent exercer des pressions, mais l’essentiel est notre capacité de résistance et de renforcement de nos propres compétences », a-t-il affirmé.