‎RDC : l’ennemi imaginaire comme mode de gouvernement
Dossiers

‎RDC : l’ennemi imaginaire comme mode de gouvernement

Daniel Le Scornet

February 12, 2026

‎Plus la situation sociale, sanitaire, économique, militaire, politique, éthique se dégrade en RDC — mais qui la documente au niveau international —, plus le projecteur est braqué ailleurs : sur le Rwanda.

‎Tout devient rwandais !

‎Tous ceux qui — militaires ou politiques — se distancient du pouvoir présidentiel de Kinshasa, aussi bien de très vieux serviteurs et alliés, se relèvent soudain être… des Rwandais. Ou ayant des femmes… Tutsi ! Infiltrés. Traîtres. Non-Congolais.

‎Même les religieux catholiques et protestants n’y échappent pas.  La grande église congolaise est bien au centre du village… mais rwandais… sans que les fidèles ne s’en soient aperçus auparavant.

‎Plus la situation intérieure est proche de l’explosion — et tous les acteurs congolais appellent à l’urgence d’un dialogue intercongolais —, plus le pouvoir fuit à l’étranger. Loin de traditions africaines où l’autorité se déplaçait de village en village pour affronter les besoins vitaux des populations, la cour présidentielle saute désormais de capitale en capitale, mettant à l’encan ce qui n’a pas encore été vendu.

‎Plus le bilan se fait cruel — sept nouvelles années de gouvernance pour rien de tangible dans l’escarcelle du peuple — plus les illusions et les mythes sont réactivés. Le Congo serait le coffre-fort du monde. Il suffirait d’y puiser.

‎Hier, CONGO-SOLUTION avec la Chine : mines contre promesses d’infrastructures. Aujourd’hui TRUMP-SOLUTION avec les Etats-Unis !

‎Plus la transparence militaire progresse — accords de Washington et de Doha ; clarification rwandaise sur la coopération sécuritaire à ses frontières —, plus les FARDC revendiquent leurs alliances offensives avec les FDLR, les milices Wazalendo, les troupes du Burundi et des mercenaires au mépris de tout cessez-le-feu, de toute non-régionalisation du conflit, de toute rupture avec l’idéologie génocidaire.

‎Il s’agit d’une valse ubuesque.

‎La présidence congolaise se réclame en même temps de Washington, de Doha, de Luanda, de l’Union africaine – sautant de l’un à l’autre, inventant au besoin de nouveaux médiateurs – tout en jurant que rien ne se fera par le dialogue intercongolais ni par la paix avec le M23 tant que la situation militaire ne tournera pas en sa faveur.

‎Autant dire : elle ne négociera donc avec personne ! 

‎L’espoir explicite est transparent : que ce chaos organisé dure suffisamment longtemps afin de justifier le non-passage aux urnes en 2028. TSHISEKEDI SOLUTION.

‎Plus cette « UBU-gouvernance » devient lisible dans toutes les chancelleries — nul n’imagine sérieusement que ce cirque échappe aux fins limiers de la planète — plus l’improbable « communauté internationale » semble se régaler.

‎On flatte le président du « grand Congo » soudain présenté, après sept années d’un pouvoir sans résultats, en stratège hors pair. Pour mieux te manger, mon enfant !

‎On ressort la fable du Rwanda prédateur alors que les multinationales minières s’avalent entre elles afin de se goinfrer de terres peu rares.

‎Pourquoi ne pas profiter de l’aubaine pour mettre un bon coup sur le nez du Rwanda jugé trop discipliné, trop autonome, trop peu malléable ?

UBU SOLUTION.

‎Ô Congo.

‎Tous les Africains — et tous les Rwandais — qui t’aiment rêvent de ton indépendance véritable, de ton grand rôle panafricain à venir.

‎Ô peuple congolais, on détourne ta quête de dignité et ton patriotisme, contre tes propres frères, pour continuer à te dépouiller.

‎Ta balkanisation figure dans les calculs de chacun des empire qui cherchent à réassujettir la planète et qui ont toujours trouvé en Afrique, au Congo, des dirigeants avides, prêts à empaqueter les peuples sous la couleur du drapeau.

‎Un seul horizon : COOPERATION AFRICAINE SOLUTION.

Ajouter un commentaire

Règles d’utilisation du forum

Dernières articles