Plus la situation sociale, sanitaire, économique, militaire, politique, éthique se dégrade en RDC — mais qui la documente au niveau international —, plus le projecteur est braqué ailleurs : sur le Rwanda.
Tout devient rwandais !
Tous ceux qui — militaires ou politiques — se distancient du pouvoir présidentiel de Kinshasa, aussi bien de très vieux serviteurs et alliés, se relèvent soudain être… des Rwandais. Ou ayant des femmes… Tutsi ! Infiltrés. Traîtres. Non-Congolais.
Même les religieux catholiques et protestants n’y échappent pas. La grande église congolaise est bien au centre du village… mais rwandais… sans que les fidèles ne s’en soient aperçus auparavant.
Plus la situation intérieure est proche de l’explosion — et tous les acteurs congolais appellent à l’urgence d’un dialogue intercongolais —, plus le pouvoir fuit à l’étranger. Loin de traditions africaines où l’autorité se déplaçait de village en village pour affronter les besoins vitaux des populations, la cour présidentielle saute désormais de capitale en capitale, mettant à l’encan ce qui n’a pas encore été vendu.
Plus le bilan se fait cruel — sept nouvelles années de gouvernance pour rien de tangible dans l’escarcelle du peuple — plus les illusions et les mythes sont réactivés. Le Congo serait le coffre-fort du monde. Il suffirait d’y puiser.
Hier, CONGO-SOLUTION avec la Chine : mines contre promesses d’infrastructures. Aujourd’hui TRUMP-SOLUTION avec les Etats-Unis !
Plus la transparence militaire progresse — accords de Washington et de Doha ; clarification rwandaise sur la coopération sécuritaire à ses frontières —, plus les FARDC revendiquent leurs alliances offensives avec les FDLR, les milices Wazalendo, les troupes du Burundi et des mercenaires au mépris de tout cessez-le-feu, de toute non-régionalisation du conflit, de toute rupture avec l’idéologie génocidaire.
Il s’agit d’une valse ubuesque.
La présidence congolaise se réclame en même temps de Washington, de Doha, de Luanda, de l’Union africaine – sautant de l’un à l’autre, inventant au besoin de nouveaux médiateurs – tout en jurant que rien ne se fera par le dialogue intercongolais ni par la paix avec le M23 tant que la situation militaire ne tournera pas en sa faveur.
Autant dire : elle ne négociera donc avec personne !
L’espoir explicite est transparent : que ce chaos organisé dure suffisamment longtemps afin de justifier le non-passage aux urnes en 2028. TSHISEKEDI SOLUTION.
Plus cette « UBU-gouvernance » devient lisible dans toutes les chancelleries — nul n’imagine sérieusement que ce cirque échappe aux fins limiers de la planète — plus l’improbable « communauté internationale » semble se régaler.
On flatte le président du « grand Congo » soudain présenté, après sept années d’un pouvoir sans résultats, en stratège hors pair. Pour mieux te manger, mon enfant !
On ressort la fable du Rwanda prédateur alors que les multinationales minières s’avalent entre elles afin de se goinfrer de terres peu rares.
Pourquoi ne pas profiter de l’aubaine pour mettre un bon coup sur le nez du Rwanda jugé trop discipliné, trop autonome, trop peu malléable ?
UBU SOLUTION.
Ô Congo.
Tous les Africains — et tous les Rwandais — qui t’aiment rêvent de ton indépendance véritable, de ton grand rôle panafricain à venir.
Ô peuple congolais, on détourne ta quête de dignité et ton patriotisme, contre tes propres frères, pour continuer à te dépouiller.
Ta balkanisation figure dans les calculs de chacun des empire qui cherchent à réassujettir la planète et qui ont toujours trouvé en Afrique, au Congo, des dirigeants avides, prêts à empaqueter les peuples sous la couleur du drapeau.
Un seul horizon : COOPERATION AFRICAINE SOLUTION.