Les activités de l’ Assemblée législative est-africaine (ALE) ont été perturbées après le retard des États membres dans le versement de leurs contributions financières, laissant députés et membres du personnel sans salaire depuis trois mois.
Dans une note interne datée du 27 janvier, la secrétaire générale de la East African Community (EAC), Veronica Nduva, a demandé au greffier de l’EALA d’expliquer pourquoi les salaires des membres n’ont plus été versés depuis novembre 2025.
Cette correspondance fait suite à une plainte de KCB Bank Tanzania, qui affirme ne pas pouvoir recouvrer les échéances de prêts impayées pour la même période, d’après le media Citizen digital.
« Il est devenu difficile de percevoir nos salaires régulièrement. Nous sommes restés un certain temps sans être payés, et cela pose problème », a déclaré David Sankok, député à l’EALA.
Selon lui, la situation ne retarde pas seulement le paiement des salaires des députés et du personnel, mais elle entrave également la capacité des parlementaires à accomplir efficacement leur mandat, notamment l’examen et l’adoption de lois bénéfiques pour la région.
« Mon devoir est de légiférer. Lorsque les séances sont reportées et que nous ne siégeons pas régulièrement, il devient très difficile d’être aussi actif que je l’étais à l’Assemblée nationale. Actuellement, je n’ai pu présenter que trois ou quatre projets de loi et motions, notamment l’interdiction de l’importation de produits en cuir, un projet de loi sur l’économie bleue et l’utilisation des monnaies locales. Si les séances étaient régulières, je pourrais en être à neuf ou douze textes », a-t-il ajouté.
Il attribue cette crise aux États membres qui ne respectent pas leur obligation de verser leurs contributions annuelles et appelle à des sanctions pour contraindre les États défaillants à honorer leurs engagements.
« Nous comptons des députés issus de huit États membres. Les contributions de seulement quatre États servent à payer tous les députés et le personnel, y compris ceux provenant des États qui ne versent pas leurs cotisations. C’est là que réside le problème », a souligné Sankok.
« L’un des pays les plus notoirement défaillants est la Democratic Republic of the Congo, qui n’a jamais versé un seul centime. Le South Sudan a tenté de payer, mais accumule encore d’importants arriérés, alors que son personnel et ses députés continuent de percevoir leurs rémunérations. »
Pour mettre fin à ce cycle de dépendance, aux perturbations des travaux parlementaires et aux retards de salaires, Sankok propose la création d’un bloc économique au sein de l’EAC.
Selon lui, ce mécanisme permettrait à chaque État membre de prendre directement en charge les salaires et indemnités de ses représentants, le reste du budget étant ensuite transféré à l’EALA. À l’heure actuelle, les 63 députés de l’EALA perçoivent chacun plus de 11 million de franc rwandais par mois en salaires et indemnités.