Le général Sultani Makenga, commandant militaire du Mouvement du 23 mars (M23), est apparu publiquement lundi pour présider la cérémonie de fin de formation de plus de 1 500 nouveaux commandos au Nord-Kivu, une semaine après la mort du porte-parole militaire du groupe, le lieutenant-colonel Willy Ngoma.
La cérémonie s’est tenue à Rumangabo, une base militaire stratégique située en territoire contrôlé par les rebelles, où le mouvement a indiqué que 1 518 membres des forces spéciales mobiles de l’Armée révolutionnaire congolaise (ARC) avaient achevé leur entraînement.
Dans un communiqué publié par l’Alliance Fleuve Congo / M23 (AFC/M23), les rebelles ont affirmé que les nouveaux commandos étaient désormais « prêts à servir, défendre et protéger les populations civiles » dans l’est de la République démocratique du Congo.
« Peuple congolais, les commandos des forces spéciales mobiles de l’Armée révolutionnaire congolaise ont atteint le sommet de leur formation », indique le communiqué.
« Aguerris et irréfragablement disciplinés, ces hommes se tiennent prêts à servir, défendre et protéger les populations civiles, livrées aux affres d’une guerre imposée par l’oppression systémique de Kinshasa, qui a piétiné les engagements de Doha et violé systématiquement les cessez-le-feu..»
Makenga, présenté par le mouvement comme chef d’état-major de l’ARC et coordinateur militaire de l’alliance, s’est adressé aux troupes lors de la cérémonie de clôture, soulignant que leur rôle dépassait les seules opérations de combat.
« Être pleinement opérationnel ne signifie pas seulement maîtriser le combat. Cela implique d’embrasser la responsabilité morale qui accompagne le port des armes. Défendre un territoire, c’est défendre une dignité. Protéger une population, c’est préserver une espérance. Dans un pays où le régime de Kinshasa continue d’arracher des vies et de briser des avenirs, ce serment de protection se pare d’une gravité quasi sacrée.»
Cette apparition intervient une semaine après la mort de Ngoma, l’une des figures les plus visibles de la rébellion, dans le territoire de Masisi.
Selon des responsables rebelles, Ngoma a été tué le 24 février lorsqu’un drone a frappé le convoi dans lequel il circulait, peu après avoir quitté une réunion nocturne avec d’autres hauts commandants.
Dans son communiqué, l’AFC/M23 a présenté la sortie de promotion des nouveaux commandos comme une étape militaire majeure et un signe de résilience.
« Ces mille cinq cent dix-huit hommes ne peuvent être réduits à de simples chiffres », indique le mouvement. « Ce sont des fils du Congo… façonnés physiquement et moralement par un entraînement incessant. »
La cérémonie, organisée dans les collines du Nord-Kivu, a été présentée par les rebelles comme s’inscrivant dans une campagne plus large visant à renforcer leurs forces alors que les combats se poursuivent dans l’est du pays.
L’est de la République démocratique du Congo est en proie depuis des décennies à des conflits armés impliquant les forces gouvernementales et plusieurs groupes rebelles se disputant territoire et influence.
L’apparition publique de Makenga aux côtés des commandos nouvellement formés semble viser à démontrer la continuité du commandement rebelle et à renforcer le moral des troupes après la mort de Ngoma.