L’Ouganda et la Tanzanie font progresser leurs projets de construction d’une ligne de chemin de fer transfrontalière. Celle-ci doit relier l’ouest de l’Ouganda et l’est de la République démocratique du Congo (RDC) au réseau de chemin de fer à écartement standard (SGR) tanzanien ainsi qu’au port de Dar es Salaam.
Selon le journal Chimpreports, le tracé proposé partirait d’Isaka, dans le nord-ouest de la Tanzanie — terminus de la ligne SGR Dar es Salaam–Mwanza — pour entrer en Ouganda par Kikagati. La ligne traverserait ensuite Mbarara, Bihanga et Kasese, avant d’atteindre Mpondwe, près de la frontière avec la RDC.
Ce corridor devrait ouvrir une nouvelle route commerciale pour l’est du Congo, riche en minerais, et l’ouest de l’Ouganda, tout en renforçant les liaisons avec les ports tanzaniens de l’océan Indien.
« L’objectif principal du projet est de désenclaver les vastes régions minières de l’Ouganda, de la Tanzanie et de l’est de la République démocratique du Congo en les reliant au port de Dar es Salaam, tout en réduisant les coûts de transport et les délais de transit », indiquent les documents de projet préparés par l’Agence de facilitation du transport de transit du Corridor Central (CCTTFA).
Le projet a bénéficié d’un nouvel élan politique après la récente rencontre à Dar es Salaam entre la présidente tanzanienne, Samia Suluhu Hassan, et son homologue ougandais, Yoweri Museveni, pour discuter de commerce, de logistique et de coopération industrielle.
Samia a précisé que les dirigeants ont discuté de l’amélioration de l’accès des commerçants ougandais aux ports tanzaniens, particulièrement ceux de Tanga et de Dar es Salaam, afin de faciliter le mouvement des marchandises depuis l’Ouganda, pays enclavé. Elle a ajouté que l’Ouganda avait sollicité la Tanzanie pour prolonger la connectivité ferroviaire plus profondément sur son territoire afin de rendre le transport des biens plus fluide et plus économique.
Museveni a, de son côté, déclaré que les deux nations exploraient également une spécialisation industrielle : la Tanzanie pourrait se concentrer sur la fabrication de locomotives, tandis que l’Ouganda développerait sa production textile afin de renforcer les chaînes de valeur régionales.
L’ambassadeur Richard Kabonero, coordonnateur ougandais des projets d’intégration du Corridor Nord, a souligné que le transport ferroviaire demeure essentiel à la compétitivité de la région.