Le Kenya et le Rwanda préparent un cadre qui permettrait aux entreprises de paiement numérique agréées dans un pays d’opérer dans l’autre sans avoir à obtenir une nouvelle autorisation réglementaire, une mesure qui pourrait faciliter l’expansion transfrontalière des fintechs en Afrique de l’Est.
La Banque centrale du Kenya (CBK) et la Banque nationale du Rwanda (BNR) ont annoncé la signature d’un protocole d’accord qui décrit l’engagement et les mesures prises par les banques centrales pour développer un cadre de passeportage des licences pour les prestataires de services de paiement (PSP) entre les deux juridictions.
« Le cadre de passeportage des licences constituera une étape importante pour relever le défi de la duplication des processus réglementaires malgré des similitudes substantielles dans les exigences », peut-on lire dans une partie de la déclaration conjointe publiée mercredi.
« En favorisant la reconnaissance mutuelle des régimes d’octroi de licences, le Cadre facilitera l’expansion responsable des PSP agréés au Kenya et au Rwanda, tout en préservant une surveillance réglementaire et une coopération en matière de supervision solides. »
Cette initiative s’appuie sur le plan directeur du système de paiement transfrontalier de la Communauté de l’Afrique de l’Est qui définit une vision claire pour un paysage régional des paiements plus intégré, plus efficace et plus inclusif.
L’une des principales priorités du plan directeur de la CAE est l’élaboration d’un cadre de reconnaissance mutuelle pour l’octroi de licences aux prestataires de services de paiement dans les États partenaires, afin de remédier à la fragmentation réglementaire qui a historiquement limité l’expansion des services de paiement au-delà de nos frontières.
Le Kenya est un important pôle des paiements numériques en Afrique de l’Est. La plateforme M-PESA de Safaricom compte plus de 40 millions d’utilisateurs dans le pays et traite chaque année des transactions d’une valeur de plusieurs milliers de milliards de shillings, constituant ainsi l’épine dorsale de l’économie kényane de l’argent mobile.
Le pays est également devenu une base pour un nombre croissant d’entreprises de technologie financière proposant des services de paiement aux commerçants, des services de transfert de fonds et des produits d’infrastructure financière qui soutiennent les banques, les opérateurs de paiement mobile et les entreprises en ligne.
De son côté, le Rwanda a poursuivi une stratégie visant à se positionner comme un pôle régional de services technologiques et financiers. Les autorités ont encouragé les réformes réglementaires et l’adoption des paiements numériques dans le cadre des efforts visant à attirer les entreprises de technologie financière et à renforcer le secteur financier du pays.
