C’est un véritable ouf de soulagement pour les usagers de l’axe routier Kibuye–Kiziba. Longue de 14 kilomètres, cette route récemment asphaltée change radicalement le visage du district de Karongi. Au-delà de l’aspect esthétique, cet aménagement dynamise les échanges commerciaux entre les populations locales et les réfugiés du camp de Kiziba.
Auparavant, cette voie était le cauchemar des transporteurs. Dégradée par des pluies torrentielles et de fréquents glissements de terrain, elle devenait presque impraticable en saison humide, isolant de fait le camp de Kiziba et freinant tout essor économique vers la ville de Karongi.
« Nos marchandises mettaient parfois quatre jours à arriver, bloquées dans la boue. Ces retards causaient des pertes sèches », témoigne Nsengamungu Methode, un commerçant local. « Aujourd’hui, tout a changé : les trajets sont rapides et les coûts de transport ont chuté. »
Pour les habitants, le bénéfice est aussi social et sanitaire. Une résidente se souvient avec émotion des dangers passés : « Se rendre à Karongi coûtait une fortune en moto-taxi. J’ai même chuté d’une moto alors que j’étais enceinte à cause de l’état de la route. Désormais, nous voyageons en sécurité. »
L’impact de ces travaux se fait ressentir jusque dans l’assiette des résidents. Les pénuries alimentaires qui frappaient parfois la zone du camp de Kiziba, dues aux camions de ravitaillement embourbés, appartiennent désormais au passé.
De plus, le chantier lui-même a été une source de revenus directe pour la population, offrant des emplois temporaires et de nouvelles opportunités d’affaires pour les commerces de proximité.
Le maire du district de Karongi, Muzungu Gerald, a lui aussi souligné que l’amélioration de cette route a apporté des changements significatifs, notamment pour les patients se rendant à l’hôpital de Kibuye. Elle a également permis de sortir le camp de Kiziba de son isolement, ce qui permet désormais aux réfugiés de mener des activités commerciales à l’extérieur du camp sans difficulté.
L’ambition du district ne s’arrête pas là. Le maire a annoncé son souhait de prolonger la route asphaltée au-delà du camp, vers mont Karongi-Rwankuba et Gisovu. L’objectif est clair: désenclaver les zones de production de thé pour permettre aux récoltes d’atteindre les marchés plus rapidement, garantissant ainsi de meilleurs revenus aux agriculteurs.