Le Président de la République, Paul Kagame, a déclaré que l’image du Rwanda ne sera pas affectée par les sanctions qu’il qualifie de biaisées et infondées imposées par certains pays occidentaux. Il a affirmé qu’il ne demandera jamais pardon pour des sanctions qu’il considère comme injustifiées et dépourvues de base solide.
Il s’exprimait alors que les États-Unis et l’Europe ont, à plusieurs reprises, annoncé des sanctions basées sur l’interprétation de la situation sécuritaire en République démocratique du Congo (RDC), telle que présentée par le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Le Président Kagame a indiqué qu’il ne peut pas rester passif pour préserver l’image du Rwanda alors que, selon lui, ceux qui la détériorent sont laissés libres d’agir.
Dans une interview accordée à Jeune Afrique, il a été interrogé sur la possibilité que le modèle de développement du Rwanda, fondé sur la bonne gouvernance, soit fragilisé par une suspension de l’aide américaine et européenne, ce qui pourrait affecter l’économie.
En réponse au journaliste François Soudan, le Président Kagame a déclaré :
« L’image ne repose pas sur des éléments biaisés, mais sur la vérité. Que devrais-je faire pour protéger mon image ? Devrais-je rester passif face à une menace qui pèse sur les fondements de cette image ? »
Il a poursuivi en affirmant que le choix est difficile, mais clair : « Non, ce n’est pas ainsi que cela doit se faire. Les décisions sont dures, mais compréhensibles. »
Interrogé sur la possibilité d’un renforcement des sanctions, notamment celles évoquées par le gouvernement congolais visant certaines entreprises rwandaises et le FPR Inkotanyi, Kagame a répondu :
« Je ne sais pas. La RDC est à l’origine de ces problèmes, mais ceux qui imposent les sanctions le font selon leur propre logique et leurs intérêts. Le fait d’imposer des sanctions ne signifie pas qu’elles sont justes. »
Il a insisté sur le fait qu’il ne demandera pas pardon ni n’acceptera des sanctions sans fondement :
« Une chose est sûre : ils ne doivent pas s’attendre à ce que je demande pardon ou que j’accepte des sanctions dont je ne comprends ni la justification ni les bases. »
Concernant une éventuelle suspension de l’aide internationale, le Président Kagame a rappelé que le Rwanda a déjà traversé des périodes difficiles et s’en est relevé :
« Nous avons affronté de nombreuses épreuves. Le Rwanda a été un État défaillant, un pays presque inexistant. Aujourd’hui, il est là. Nous avons survécu à des choses que peu de pays auraient pu supporter. »
À propos des initiatives africaines de médiation pour rétablir la stabilité dans l’est de la RDC, il a estimé que leur manque de résultats s’explique par le fait que les Africains ne reconnaissent pas toujours leur propre responsabilité dans les problèmes auxquels ils font face :
« L’Afrique est confrontée à de nombreux défis qu’elle ne parvient pas à résoudre, y compris celui-ci. La plupart de nos problèmes sont de notre propre fait, mais nous ne le reconnaissons pas toujours. »
Les sanctions imposées au Rwanda reposent notamment sur des accusations selon lesquelles ses forces seraient présentes en RDC et impliquées dans l’exploitation illégale des ressources naturelles.
Le Président Kagame a rejeté ces allégations, affirmant que le Rwanda dispose de ses propres ressources minières exploitées de manière légale et productive. Il a également souligné que le pays joue un rôle dans le transit des minerais provenant de la RDC vers des destinations internationales telles que Dubaï, la France, la Belgique ou Hong Kong.
« Pourquoi accuse-t-on uniquement le Rwanda ? », a-t-il interrogé, en ajoutant que le pays est capable de tracer l’origine des minerais qu’il exploite et exporte.
Il a conclu en rappelant que, compte tenu de la frontière partagée entre le Rwanda et la RDC, les ressources naturelles ne suivent pas nécessairement des lignes politiques strictes, ce qui complique certaines interprétations.