La justice française ordonne la poursuite de l’enquête visant Agathe Kanziga Habyarimana
Politique

La justice française ordonne la poursuite de l’enquête visant Agathe Kanziga Habyarimana

La Nouvelle Releve

May 9, 2026

La Cour d’appel de Paris a ordonné la poursuite de l’enquête sur le rôle présumé d’Agathe Kanziga Habyarimana, veuve de l’ancien président Juvénal Habyarimana, dans la préparation et l’exécution du génocide contre les Tutsi de 1994.

Cette décision a été prise ce mercredi 6 mai 2026 par la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris, qui a annulé l’ordonnance de non-lieu rendue l’année dernière en faveur d’Agathe Habyarimana.

La décision intervient après que les parties civiles ont fait appel du jugement précédent qui estimait qu’il n’existait pas suffisamment de preuves pour établir l’implication d’Agathe Kanziga Habyarimana dans le génocide contre les Tutsi, et qu’il n’y avait donc pas lieu de la poursuivre en justice.

Depuis plusieurs années, Agathe Kanziga Habyarimana est accusée d’avoir joué un rôle central au sein de « l’Akazu », le cercle rapproché du pouvoir du régime Habyarimana, soupçonné d’avoir planifié et organisé le génocide contre les Tutsi.

Au début du génocide, en avril 1994, Agathe Habyarimana et plusieurs membres de sa famille avaient été évacués vers la France, où ils résident toujours.

Cette décision judiciaire a été saluée par les organisations de survivants du génocide contre les Tutsi, notamment IBUKA, qui y voit une étape importante dans la lutte contre l’impunité.

Dans un communiqué publié le 7 mai 2026, IBUKA a déclaré : « Les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles et la justice doit être rendue aux victimes et aux survivants. »

Le président d’IBUKA, Dr Philibert Gakwenzire, a affirmé que cette décision redonne espoir aux survivants qui attendent justice depuis plus de trente ans.

« L’essentiel aujourd’hui est que l’enquête continue et que la justice fasse son travail », a-t-il déclaré.

Marie Chantal Niyonshuti, survivante du génocide et ancienne voisine de la famille Habyarimana, a également exprimé son soulagement après cette décision.

« Cela fait 32 ans que j’attends justice. Je continue d’attendre. Il ne faut pas permettre que cette enquête soit à nouveau interrompue », a-t-elle déclaré.

IBUKA a par ailleurs demandé aux autorités judiciaires françaises d’accélérer la procédure concernant Agathe Habyarimana et de poursuivre d’autres suspects de génocide vivant encore en France.

Ces derniers mois, le nom de la famille Habyarimana est revenu dans l’actualité à cause d’allégations faisant état de liens entre certains membres de cette famille et les FDLR, groupe armé composé en grande partie d’anciens responsables et auteurs du génocide contre les Tutsi. Jean-Luc Habyarimana, fils de l’ancien président, est notamment cité dans des déplacements entre Paris et Kinshasa ainsi que dans des contacts présumés avec les FDLR.

La décision de la Cour d’appel de Paris est considérée comme une nouvelle étape dans la quête de justice pour les victimes du génocide contre les Tutsi, plus de trente ans après les faits.

Ajouter un commentaire

Règles d’utilisation du forum

Dernières articles