Ce mardi 12 mai 2026, la Commission Rwandaise de Démobilisation et de Réintégration (RDRC), en collaboration avec 245 bénéficiaires issus d’anciens groupes armés, principalement des ex-combattants des FDLR de la 77e cohorte, a organisé une activité de commémoration du 32e anniversaire du Génocide contre les Tutsi de 1994. La cérémonie s’est déroulée au Mémorial du Génocide de Kigali à Gisozi.
Cette cohorte est composée en grande partie de jeunes nés dans les forêts de la République démocratique du Congo, élevés dans un environnement marqué par l’idéologie du génocide et des enseignements leur présentant les Tutsi comme des ennemis et le Rwanda comme un pays dirigé par des “étrangers”. Après la visite guidée du mémorial, les participants ont déposé des gerbes de fleurs sur les fosses communes où reposent plus de 250 000 victimes du Génocide contre les Tutsi.
Au cours des échanges organisés par des représentants du Ministère de l’Unité Nationale et de l’Engagement Civique ainsi que du Ministère de la Défense du Rwanda, les anciens combattants ont reçu des explications sur l’histoire du Rwanda, la préparation et l’exécution du génocide, ainsi que les efforts qui ont permis de l’arrêter.
Le Colonel Désiré Migambi, responsable de la coopération civilo-militaire, a rappelé aux anciens membres des FDLR qu’ils disposent désormais d’une opportunité de contribuer à la construction du pays après avoir quitté l’idéologie haineuse dans laquelle ils avaient grandi.
« Personne ne peut trahir le Rwanda et espérer réussir. Trahir son pays conduit à la destruction », a-t-il déclaré.
Il a également exhorté les jeunes encore présents au sein des FDLR à abandonner les discours de haine et l’idéologie du génocide pour choisir la voie de l’unité nationale et du développement.
S’exprimant au nom des bénéficiaires, Ndayisenga Prosper, ancien sergent des FDLR, a reconnu que beaucoup avaient grandi dans les mensonges et la propagande, avant de découvrir une réalité différente après leur retour au Rwanda.
« Nous avons vu de nos propres yeux ce qui s’est réellement passé, très loin de ce qu’on nous enseignait. Moi-même, j’étais impliqué dans la sensibilisation des jeunes au sein des FDLR. Aujourd’hui, nous repartons avec la volonté de promouvoir l’unité des Rwandais. Nous remercions le Président Kagame qui nous a accueillis alors même que notre objectif était de le combattre », a-t-il affirmé.
La présidente de la RDRC, Valérie Nyirahabineza, a appelé cette jeunesse à rompre définitivement avec l’extrémisme et à saisir l’opportunité de reconstruire son avenir sur la base de la vérité et de la réconciliation.
« Nous avons voulu amener ceux qui viennent récemment de quitter les FDLR et d’autres groupes affiliés afin qu’ils puissent voir la réalité de leurs propres yeux. Nous voulons qu’ils comprennent comment l’idéologie du génocide a détruit le Rwanda et empêcher que quelqu’un continue à les tromper, comme cela se faisait dans les forêts du Congo où ils étaient nourris de propagande et de haine », a-t-elle déclaré.
Elle a ajouté que commémorer en tant que Rwandais signifie renouveler l’engagement collectif à bâtir un pays fondé sur l’unité, la résilience et les valeurs nationales, tout en préservant l’histoire afin d’éviter tout retour en arrière.
Créée en 1999, la Commission Rwandaise de Démobilisation et de Réintégration a pour mission d’accompagner les anciens combattants et membres de groupes armés dans leur réintégration au sein de la société rwandaise. Depuis plus de 25 ans, plus de 13 000 anciens membres des FDLR et d’autres groupes armés ont été démobilisés et aidés à reconstruire leur vie dans la paix.
Les participants à cette activité appartiennent à la 77e cohorte actuellement engagée dans un programme de réintégration. Ils deviennent ainsi le deuxième groupe après la 76e cohorte à visiter le Mémorial du Génocide de Kigali ainsi que le Musée de la Campagne contre le Génocide.