Le Premier ministre, Dr Justin Nsengiyumva, a appelé à un renforcement de la coopération régionale pour lutter contre Ebola, soulignant qu’aucun pays ne peut faire face seul aux menaces liées aux maladies infectieuses, celles-ci ne respectant pas les frontières nationales.
Il s’est exprimé lors de sa participation virtuelle à la Réunion de haut niveau des chefs d’État africains, des gouvernements et des partenaires sur l’épidémie d’Ebola (maladie à virus Bundibugyo), tenue le 16 juin.
Cette rencontre visait à mobiliser et coordonner les soutiens financiers, techniques et opérationnels en faveur d’un plan conjoint de préparation et de riposte, à renforcer les mesures politiques et transfrontalières pour contenir l’épidémie, ainsi qu’à améliorer la coordination entre les institutions africaines, les organisations internationales et les partenaires au développement.
« L’épidémie d’Ebola nous rappelle que les urgences sanitaires ne connaissent pas de frontières. Notre réponse ne peut donc être fragmentée, retardée ou simplement réactive », a déclaré Dr. Nsengiyumva.
Le Premier ministre a indiqué que le Rwanda demeure exempt d’Ebola, attribuant cette situation aux investissements continus du pays dans la préparation aux urgences sanitaires et dans le renforcement de systèmes de santé publique résilients. Il a souligné que le Rwanda reste déterminé à approfondir sa coopération avec les pays voisins et les institutions régionales afin d’améliorer la coordination, de prévenir la transmission transfrontalière du virus et de garantir la circulation sûre des personnes et des biens.
« La sécurité d’une nation est indissociable de celle de toutes les autres », a-t-il affirmé.
Nsengiyumva a également insisté sur la nécessité pour l’Afrique de dépasser la simple gestion répétitive des crises sanitaires et d’investir davantage dans des systèmes capables de résister aux futures épidémies.
« Alors que nous œuvrons pour mettre fin à cette épidémie, nous devons reconnaître qu’Ebola n’est pas la première urgence de santé publique à laquelle notre continent est confronté, et qu’elle ne sera pas la dernière. Ces dernières années, l’Afrique a dû faire face successivement à Ebola, à la COVID-19, au mpox et à d’autres crises sanitaires. La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si nous resterons enfermés dans des cycles de réponses d’urgence ou si nous construirons les systèmes et les capacités qui nous rendront véritablement résilients », a-t-il déclaré.
Le Premier ministre a par ailleurs appelé l’Union africaine à assumer davantage de responsabilités en matière de sécurité sanitaire du continent et à réduire sa dépendance vis-à-vis des réponses extérieures à des défis que les pays africains sont de plus en plus capables de relever eux-mêmes.
L’épidémie d’Ebola causée par le virus Bundibugyo reste préoccupante et touche principalement la République démocratique du Congo, avec des cas également signalés en Ouganda.
L’épidémie a été officiellement déclarée le 15 mai 2026 dans la province de l’Ituri.
Les chiffres varient selon les dates et les sources, mais plusieurs centaines de cas confirmés ont déjà été recensés, avec plus d’une centaine de décès. Certaines estimations récentes évoquent plus de 700 cas confirmés. Au 10 juin, le pays comptait 19 cas confirmés et 2 décès. Aucun nouveau cas n’avait été signalé depuis plusieurs jours, ce qui est un signe encourageant.