Plus de 7,2 millions de Rwandais ont déjà enregistré leurs données biométriques dans le cadre du programme e-National ID (e-Ndangamuntu), lancé en 2025 par l’Agence nationale d’identification (NIDA).
La Directrice générale de la NIDA, Mukesha Josephine, a indiqué que plus de 8,3 millions de personnes ont déjà validé leurs données d’état civil, première étape avant l’enregistrement des données biométriques nécessaires à l’obtention de la nouvelle carte d’identité numérique.
Ces chiffres ont été communiqués lors d’une interview accordée à Imvaho Nshya. Selon Mukesha Josephine, le programme poursuit son déploiement dans les provinces du Nord et de l’Ouest, ainsi que dans les districts de Nyamagabe et de Nyaruguru, dans la province du Sud.
« Nous avons déjà dépassé 8 300 000 personnes ayant validé leurs données. Quant à celles dont les données biométriques ont été enregistrées, nous en sommes à 7,2 millions », a-t-elle déclaré.
Le processus d’obtention de la carte d’identité numérique se déroule en deux principales étapes. La première consiste à vérifier et à valider les données d’état civil. La seconde porte sur l’enregistrement des données biométriques.
La NIDA dispose d’un système permettant d’enregistrer les principaux actes d’état civil, notamment les naissances, les mariages, les reconnaissances d’enfants, les adoptions et les décès.
Depuis 2020, l’enregistrement des enfants est effectué dès leur naissance. Les enfants nés dans les établissements de santé peuvent y être enregistrés directement, tandis que ceux nés en dehors des structures sanitaires sont enregistrés au niveau de la cellule.
Ces données permettent notamment d’attribuer à chaque personne un numéro d’identification unique. Elles constituent également une source importante d’informations pour la planification des politiques publiques.
Selon la Directrice générale de la NIDA, l’enregistrement des données dès la naissance permettra également à l’État de disposer de données plus précises sur la population et ses besoins.
Le nouveau système marque par ailleurs un changement important par rapport à l’ancien modèle de carte d’identité. Alors que celle-ci était auparavant délivrée à partir de l’âge de 16 ans, la carte d’identité numérique sera désormais attribuée dès la naissance.
« La carte d’identité sera délivrée dès la naissance. Cela permettra d’identifier une personne et de suivre son parcours tout au long de sa vie », a expliqué Mukesha.
Le programme est déjà achevé à Kigali et dans la province de l’Est. Dans la province du Sud, il ne reste que les districts de Nyamagabe et de Nyaruguru à couvrir. Les opérations sont actuellement en cours dans les provinces du Nord et de l’Ouest.
Pour faciliter l’accès au service, la NIDA prévoit également de rapprocher davantage les opérations de la population. Des équipements photographiques seront progressivement installés dans les secteurs et, à terme, certains services seront disponibles au niveau des cellules.
Pour les enfants âgés de moins de cinq ans, seule la photographie du visage est actuellement enregistrée. À partir de cinq ans, leurs empreintes digitales et leurs données relatives à l’iris sont également recueillies.
Cette évolution permettra de mettre régulièrement à jour les données biométriques des enfants au fur et à mesure de leur croissance et des changements de leur apparence.
La NIDA estime que cette proximité des services permettra notamment de réduire le risque que certaines personnes soient exclues du programme.
L’agence avait constaté, au début de l’opération, que certains enfants n’étaient pas enregistrés dans le système d’état civil. Selon Mukesha, le taux d’enregistrement des enfants était alors estimé entre 70 et 80 % dans certaines situations.
Avec l’enregistrement effectué directement dans les établissements de santé et les lieux de naissance, ce taux aurait depuis atteint environ 96 %.
« Un parent pouvait venir avec cinq enfants, mais lorsque nous consultions le système, nous constations que seuls deux étaient enregistrés. Il fallait alors procéder à l’enregistrement des trois autres », a-t-elle expliqué.
La NIDA prévoit également de permettre aux Rwandais vivant à l’étranger d’accéder au programme. Ils pourront valider leurs données via la plateforme Irembo, tandis que la prise de photos sera notamment assurée par les ambassades du Rwanda dans les pays où elles sont établies.
L’agence rassure par ailleurs les personnes qui n’auraient pas encore participé à l’opération : elles pourront toujours le faire auprès des services compétents au niveau des secteurs, le programme étant permanent.
La NIDA rappelle enfin que son mandat ne se limite pas à la production et à la délivrance des cartes d’identité. L’agence est également chargée de la gestion et de l’enregistrement des données relatives à l’état civil au Rwanda.