Pauline Nyiramasuhuko: première femme au monde condamnée pour génocide par la justice internationale
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Pauline Nyiramasuhuko: première femme au monde condamnée pour génocide par la justice internationale

La Nouvelle Releve

April 8, 2026

Le ministre de l’Unité nationale et de l’Engagement civique, Dr Jean-Damascène Bizimana, a déclaré que le génocide commis contre les Tutsi se distingue par sa manière d’être perpétré et par la participation notable des femmes, ce qui explique que la première femme au monde à être reconnue coupable de ce crime soit une Rwandaise, Pauline Nyiramasuhuko.

Il s’exprimait lors de la Conférence internationale sur le génocide qui s’est tenue à Kigali, le 8 avril, dans le cadre des activités commémoratives du 32ᵉ anniversaire du génocide des Tutsi en 1994.

Le génocide commis contre les Tutsi constitue le dernier crime majeur ayant marqué la fin du XXᵉ siècle et fut le premier génocide reconnu par les Nations unies commis sur le continent africain depuis l’adoption de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide du 9 décembre 1948, selon le ministre Bizimana.

S’agissant de la participation féminine, le Rwanda et l’Afrique ont connu une page particulièrement sombre avec ce génocide.

“La première femme au monde condamnée par une juridiction pénale internationale pour crime de génocide depuis l’adoption de la Convention de 1948 est une ancienne ministre rwandaise, Pauline Nyiramasuhuko. Ironie tragique, elle occupait le poste de ministre de la Promotion féminine, mais s’est illustrée dans l’horreur”, a-t-il indiqué.

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda a condamné, en 2011, à la prison à perpétuité l’ex-ministre de la famille Pauline Nyiramasuhuko qui a comparu, depuis juin 2001, avec son fils Arsène Shalom Ntahobali, deux anciens préfets de Butare ainsi que deux anciens Bourgmestres.

Poursuivis pour crimes de génocide et crimes contre l’humanité, les six accusés font partie, selon le procureur, des principaux responsables des massacres de Tutsi à Butare, au sud du Rwanda, en 1994.

Lors de cette conference, le ministre Bizimana a mis en garde contre l’indifférence africaine dans le respect de son obligation de répression du génocide.

“Depuis trente-deux ans, pas un seul État africain n’a mis en jugement sur son territoire un seul auteur du génocide commis contre les Tutsis, malgré l’abondance de mandats d’arrêts internationaux envoyées par Rwanda à différents États hébergeant les suspects.”

Il a évoqué deux autres préoccupations nécessitant une réflexion scientifique, à savoir le réveil croissant du négationnisme qui est aidé par la facilité des réseaux sociaux, puis la persistance dans l’idéologie du génocide soutenue et diffusée publiquement et directement par les gouvernants de la République démocratique du Congo. 

Le conseiller du Secrétaire général de l’ONU pour la prévention du génocide, Chaloka Beyani, a souligné que la communauté internationale a échoué, n’ayant pas été en mesure d’empêcher le génocide commis contre les Tutsi.

Il a déclaré : « Le génocide est un crime extrême, commis dans l’intention d’exterminer des personnes en raison de ce qu’elles sont. Il ne peut se produire sans l’implication de l’État, car sa planification et sa mise en œuvre relèvent d’un processus. »

Chaloka Beyani, a indiqué que le génocide peut être évité lorsqu’il existe une volonté politique. « En 1994, la communauté internationale a abandonné le Rwanda. Il existait des signes annonciateurs du génocide et des informations avaient été transmises à l’ONU, à l’Union africaine ainsi qu’aux grandes puissances capables de l’empêcher. Elles disposaient de toutes les informations nécessaires, mais malgré cela, le génocide contre les Tutsi a eu lieu. »

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