L’ambassadeur du Rwanda en Pologne, le Professeur Anastase Shyaka, a rendu hommage aux personnes qui, malgré l’indifférence générale de la communauté internationale lors du génocide contre les Tutsi, ont défendu la vérité et l’humanité.
Il s’exprimait lors de la 32ᵉ commémoration du génocide contre les Tutsi de 1994, organisée le 7 avril 2026 par l’ambassade du Rwanda en Pologne, en collaboration avec la communauté rwandaise dans ce pays.
La commémoration a réuni plus de 300 participants, parmi lesquels des membres de la communauté rwandaise et des amis du Rwanda issus de divers horizons. Parmi les invités figuraient des responsables du gouvernement polonais, des membres du corps diplomatique accrédité en Pologne, des dirigeants d’entreprises polonaises, ainsi que des recteurs d’universités et des universitaires de haut niveau.
Les personnes honorées comprennent notamment le défunt capitaine Mbaye Diagne du Sénégal, l’ambassadeur Ibrahim Gambari du Nigeria, l’ambassadeur Karel Kovanda de la République tchèque, ainsi que le prêtre catholique polonais, le père Stanisław Urbaniak, reconnu comme Umurinzi w’Igihango.
L’ambassadeur a également souligné les insuffisances persistantes de la communauté internationale, en particulier son incapacité à faire respecter le principe onusien de la responsabilité de protéger face aux persécutions et aux discours de haine en cours, qui ont entraîné des milliers de réfugiés et de déplacés, notamment parmi les communautés parlant kinyarwanda, y compris les Tutsi et les Banyamulenge, dans l’est de la République démocratique du Congo.
Il a aussi évoqué l’échec à neutraliser des forces génocidaires telles que les FDLR et à tenir leurs soutiens responsables, tout en dénonçant les appels adressés au Rwanda pour qu’il retire ses mesures de défense.
Armand Ngarambe, président de la communauté rwandaise en Pologne, a pris la parole pour rappeler l’importance de Kwibuka, en particulier pour les Rwandais, en tant que devoir et responsabilité de rendre hommage aux vies perdues. Il a appelé la communauté internationale à renforcer les efforts de lutte contre l’idéologie du génocide, qui continue de se propager au-delà des frontières à travers les médias et les réseaux sociaux.
La sénatrice polonaise Gabriela Morawska a reconnu l’échec de la communauté internationale à prévenir ou à arrêter le génocide contre les Tutsi de 1994. Citant le Secrétaire général des Nations unies, elle a souligné qu’il ne suffit pas de commémorer des dates, mais qu’il est nécessaire de renforcer les institutions chargées de prévenir la haine et de lutter contre les crimes contre l’humanité, y compris les atrocités de masse.
S’exprimant au nom du gouvernement polonais, M. Maciej Fałkowski, directeur du département Afrique, Moyen-Orient et Amérique latine au ministère polonais des Affaires étrangères, a souligné que le Rwanda et la Pologne sont unis par la mémoire de pertes inimaginables.
Il a insisté sur la responsabilité collective de veiller à ce que de telles horreurs ne se reproduisent plus, ajoutant que Kwibuka constitue un fondement essentiel pour protéger les sociétés contre la haine. Il a également mis en avant le fait que le Rwanda a démontré au monde la force de la justice et de la réconciliation, ouvrant la voie à des progrès remarquables et à la construction de l’une des sociétés les plus résilientes et organisées d’Afrique.

