L’ambassadeur du Rwanda au Royaume-Uni, Johnston Busingye, a appelé les autorités britanniques à ne pas offrir de refuge aux personnes soupçonnées de génocide perpetré contre les Tutsi, sans avoir été jugés.
S’exprimant le 7 avril à Londres, lors de la 32ᵉ commémoration du génocide organisée à l’église St Marylebone Parish Church, le diplomate a déploré l’absence de poursuites judiciaires à l’encontre des suspects, plus de trois décennies après les faits.
Il a affirmé que plusieurs d’entre eux résident toujours au Royaume-Uni, bien qu’ils aient été identifiés par des rescapés et que leurs noms ainsi que leurs lieux de résidence soient connus. Selon lui, les juridictions britanniques ont déjà reconnu l’existence d’éléments suffisants pour engager des poursuites.
Toutefois, a-t-il poursuivi, les procédures d’extradition, d’expulsion ou de jugement sur le sol britannique « ont échoué ou ont été délibérément retardées », qualifiant cette situation de « profondément préoccupante » plus de 30 ans après le génocide.
L’ambassadeur a également rappelé que le Tribunal pénal international pour le Rwanda a transféré plusieurs dossiers au Rwanda, reconnaissant la capacité du pays à juger ces crimes.
Il a enfin souligné que de nombreux pays, notamment la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, ainsi que les États-Unis et le Canada, ont pris des mesures contre des suspects présents sur leur territoire.
À l’inverse, le Royaume-Uni reste, selon lui, le seul pays occidental où des suspects identifiés continuent de vivre sans avoir été jugés.
“Des pays occidentaux ainsi que d’autres pays d’Afrique subsaharienne comme l’Ouganda et le Malawi, ont pris des mesures pour poursuivre, extrader ou expulser des suspects de génocide présents sur leur territoire. Mais, 32 ans après le génocide, le Royaume-Uni demeure le seul pays occidental où des suspects de génocide identifiés continuent de vivre sans être jugés, tandis que leur comparution devant la justice s’éloigne un peu plus chaque jour, dans une attente douloureuse”, a-t-il indiqué.