Le haut-commissaire du Rwanda au Kenya, Ernest Rwamucyo, a déclaré que le négationnisme et le révisionnisme du génocide ne sont pas de simples distorsions de la vérité historique, mais des outils dangereux susceptibles de favoriser de futures violences.
Il s’exprimait lors de l’ouverture du symposium sur la prévention du génocide, tenu à Nairobi le 22 avril, qui a réuni plus de 400 participants, dont des membres du corps diplomatique, des représentants d’organisations internationales, des universitaires, des chercheurs, des étudiants de diverses universités, ainsi que des membres de la communauté rwandaise.
L’événement comprenait un panel de discussion mettant en lumière l’importance de la mémoire historique, de la justice et de la solidarité mondiale dans la prévention du génocide et d’autres atrocités.
« Le négationnisme du génocide, le révisionnisme et la déshumanisation ne sont pas de simples déformations de l’histoire; ce sont des outils dangereux qui peuvent favoriser de futures violences si nous ne les combattons pas », a déclaré l’ambassadeur Rwamucyo.
Il a ajouté que lorsque les faits sont manipulés ou effacés, lorsque les auteurs sont protégés et les victimes oubliées, les bases sont posées pour une répétition.
Il a invité les participants à réfléchir au rôle de la communauté internationale, notamment sur la question cruciale de passer d’un sentiment de culpabilité à une responsabilité mondiale.
« La communauté internationale doit faire plus que simplement reconnaître les échecs du passé ; elle doit s’attaquer activement au négationnisme, à l’impunité et au révisionnisme, où qu’ils apparaissent. Le silence, l’indifférence ou un engagement sélectif ne font qu’encourager ceux qui cherchent à réécrire l’histoire ou à la répéter », a-t-il averti.
L’avocat kényan et panafricaniste Patrick Loch Otieno Lumumba a, lui aussi, mis en garde contre la fragilité de l’engagement mondial à prévenir les atrocités de masse, estimant qu’elle risque de reproduire les échecs du passé si elle ne s’attaque pas au négationnisme et à l’indifférence.
Le professeur PLO Lumumba a salué la remarquable reconstruction et les progrès du Rwanda sous la direction de Paul Kagame, qualifiant Kigali d’exemple éclatant d’ordre, d’infrastructures modernes et de progrès technologique.
« Ils disaient que le Rwanda ne se relèverait jamais, mais je vois un peuple rwandais courageux, dirigé par Son Excellence le président Kagame, entrer dans le pays, faire ce qu’il fallait ; nettoyer Kigali, aller dans les villages pour les remettre en état, mettre en place un gouvernement et entamer un processus de reconstruction du Rwanda, illustrant une véritable renaissance après les cendres. »
Il a affirmé que le négationnisme et le révisionnisme ne triompheront pas, et qu’un esprit africain conscient et uni saura résister à la répétition de telles atrocités.
De son côté, la sénatrice kényane Sylvia Kassanga a souligné que ce symposium, coïncidant avec le 32e anniversaire du génocide contre les Tutsi, constitue un moment important pour renforcer la conscience collective, encourager une réflexion approfondie et renouveler les engagements.
Elle a indiqué que l’Institut panafricain, en collaboration avec l’Université de Lukenya, entend institutionnaliser ce type de dialogue, afin d’en faire des initiatives intellectuelles, éducatives et politiques durables, capables d’influencer les politiques publiques en Afrique.
